Griffonnages

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It works, bitches !

Because Science works !

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lundi 16 juin 2008

Un peu de wikipedia bashing

Je m'étouffe quand je lis ce genre de connerie[1] dans wikipedia :

Des circuits de calcul quantique apportent donc un plus aux ordinateurs classiques dans quatre types d'applications :
— la décomposition en produit de facteurs premiers ;
— le logarithme discret ;
— les simulations de physique quantique.
— La recherche d'un élément dans une grande liste (Algorithme de Grover)

Voici ma liste :

  1. Simulations de mécanique quantique
  2. Problèmes d'algèbre
    1. Décomposition en facteurs premiers et logarithme discret (Algorithme de Shor)
    2. Décomposition de groupes abéliens
    3. Recherche spatiale
    4. Résolution des équations de Pell
    5. Recherches d'idéaux
    6. Approximations de sommes de Gauss
    7. Décalage de symboles de Legendre
    8. Problème du sous-groupe caché
  3. Problèmes de recherche
    1. Sans structure (Algorithme de Grover)
    2. Collision
    3. Moyenne
    4. Graphes connexes
    5. Arbres couvrant minimal
    6. Chemin le plus court avec une source unique
    7. Flot en réseau
  4. Approximation de problèmes #P-complets
    1. Polynômes de Jones
    2. Polynômes HOMFLYPT
  5. Marches quantiques
    1. NAND Tree (Algorithme de Farhi)
      1. Évaluation de formules booléennes
    2. Recherche de triangles
    3. Recherche d'éléments distincts
    4. Vérification de multiplication de matrices
    5. Test de la commutativité d'un groupe

Et encore, je ne suis pas à jour.

Notes

[1] Cet article est un exemple du pire de wikipedia, il y a des erreurs ÉNORMES, il faudrait le réécrire en entier.

mercredi 11 juin 2008

Le billet le plus court

lundi 9 juin 2008

Flavour Of Entanglement

  • Le truc le plus sexy pour un informaticien quantique :

Entanglement

  • Humour : « D-Wave ? »
  • Exercice (purement classique) : Le but est de savoir à partir de quel étage de la tour 1000 de la Gauchière un chat se tue en sautant. Si on a un seul chat, on le fait sauter du premier puis du second, puis du troisième et ainsi de suite jusqu'à avoir de la bouillie.[1] Et puis c'est long, surtout s'il meurt au 50e étage. On prend beaucoup l'ascenseur, ce n'est pas génial pour l'environnement. C'est pour ça qu'on a le droit à deux chats. Quelle est la meilleure stratégie ?

Notes

[1] j'ai dit purement classique, hein ? Le premier qui me dit que le chat peut être à la fois mort et vivant,…

samedi 17 mai 2008

L'ordinateur quantique peut-il tout résoudre ?

« L'ordinateur quantique peut-il tout résoudre ? » telle est la question en une du numéro de mai de « Pour la science »

Comme je n'ai pas trop le temps de bloguer, et que le web 2.0, c'est le « user generated content » discussions et questions libres en commentaires. Qu'en avez-vous pensé ? Quelles questions vous restent-ils ? L'ordinateur quantique, qu'en pensez-vous, que voulez-vous savoir sur lui ?

Un billets de commentaires, j'espère.

vendredi 11 avril 2008

Faux grossier

C'est l'Émoi aujourd'hui avec la réception sur plusieurs mailing-list d'universités françaises d'une lettre écrite par Bernard Saint-Girons, directeur général pour l'enseignement supérieur (qui travaille donc au cabinet de Valérie Pécresse) envoyée aux présidents d'universités et daté du 4 mars.

Voci son contenu :

Objet : Charges d'enseignement et heures complémentaires

Comme vous le savez, le déficit public atteint aujourd'hui cinquante milliards d'euros. A l'instar des autres organisations, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche doit apporter sa contribution à la réduction de ce déficit innaceptable.

Depuis plusieurs mois, de nombreuses études ont été conduites et la réunion d'éléments suffisamment riches doit permettre l'ouverture d'un dialogue approfondi avec l'ensemble des partenaires professionnels représentés au sein des diverses commissions.

Parmi les scénarii proposés, une proposition semble recueillir l'approbation de nombreuses instances. Afin d'augmenter le pouvoir d'achat des enseignants chercheurs, le taux de l'heure complémentaire sera porté à 75 euros soit une augmentation de 25%. En contrepartie, la réduction du déficit public passerait par une petite augmentation de la charge d'enseignement qui atteindrait 220 heures équivalent TD, soit à peine 10 en valeur relative[1].

Cette proposition sera débattue lors du prochain collectif parlementaire et je ne manquerai pas de vous tenir informé.

Un démenti officiel est rapidement tombé, et je crois effectivement que c'est un faux grossier. Il y a toute les recettes d'un bon troll dans cette lettre : langage trop direct, mauvaise foi.

Ce qui est significatif en revanche, c'est la vitesse à laquelle elle a fait le tour des universitaires et donc du crédit qui lui a été porté. Non pas comme on me l'a dit de-ci de-là la preuve que nous nous attendons tous à nous faire avoir avec la LRU, mais d'une défiance hors du commun du cabinet ministériel actuel, du malaise entre chercheurs et ministère.

Le dialogue n'est pas rompu mais il est délicat, et je comprends que le ministère communique au compte-goutes sur ses intentions réelles tellement il a accusé de tous les maux à chaque nouveau mot.

La preuve en est que certains ne croient pas toujours pas à la théorie du faux (nous sommes 10 jours après le premier avril, une telle lettre du 4 mars aurait déjà fait beaucoup de bruit, il n'y a pas de numéro de communication,...), parlent de ballon d'essai, mettent en doute la véracité du démenti et attendent confirmation de la part des syndicats. Un tel endoctrinement est néfaste à la cause qu'il croit servir.

Notes

[1] Actuellement, la charge est de 192 heure équivalent TD

lundi 31 mars 2008

Sex Erdős Number

Paul Erdős (1913-1996) était un mathématicien hongrois aussi prolifique qu'exentrique. Tellement prolifique que presque tous les chercheurs sont reliés à lui, et quelque soit le domaine, c'est assez impressionnant. C'est ce que montre le nombre de Erdős.

Paul Erdős a son nombre à 0.

Le nombre de Erdős de ses coauteurs est 1.

Le nombre de Erdős de la seconde génération de ses coauteurs est 2.

Et ainsi de suite....

Il y a 201 personnes de rang 1 et plus de 8100 personnes de rang 2. Vu le nombre de personnes impliquées et le rythme des publications il est difficile de connaître son nombre de Erdős. Je ne sais pas exactement où je suis. Je connais un chemin de longueur 5, et je sais qu'il n'y en a pas de longueur 3. Bref, je suis 4 ou 5. Pour la petite histoire, je colabore actuellement avec quelqu'un qui colabore avec une personne de rang 1. Si ces deux colaborations sont fertiles, je deviendrais de rang 3, ce qui ma foi n'est pas si mal vu mon âge.

Ce nombre est finalement rarement très grand et il montre le phénomène small-worlds de la recherche mondiale. Le même phénomène que l'on peut observer dans la blogosphère. Tom Roud est arrivé à l'observer en partie en utilisans le mème « 6 choses insignifiantes »

Ronald Munroe d'XKCD, ma "lecture" du lundi, mercredi et vendredi matin dont j'avais déjà dit le plus grand bien, s'est laché aujourd'hui, Convincing Pickup Line :

Check it out; I've sex with someone who's had sex with someone who's written with Paul Erdős Tooltip: Check it out; I've sex with someone who's had sex with someone who's written with Paul Erdős

[Image sous Licence CC BY-NC 2.5]

Et si vous vous demandez à quoi ressemble un graphe des relations dans la vraie vie (parce que vous vous dites que c'est un excélent moyen de comprendre les dynamiques de propagation des MST, je ne peux pas imaginer une autre raison) une enquête a été faite dans un lycée américain.

Réseau de connections amoureuses d'adolescents américains (Cliquez sur l'image pour agrandir)

J'espère que vous avez aimé ce petit parcours des mathématiques à la biologie en passant par moi et la typologie de la blogosphère. Les sciences, c'est bien !

lundi 3 mars 2008

Faire bouillir les océans

Monsieur Bonwick travaille pour Sun et développe ZFS un très bon système de fichiers. Pour défendre son FS face aux autres (j'imagine bien une guerre entre ext4 et ZFS comme seuls les libristes savent en faire dans quelques mois), il a dit :

Populating 128-bit file systems would exceed the quantum limits of earth-based storage. You couldn't fill a 128-bit storage pool without boiling the oceans.

Puis il s'est justifié :

Although we'd all like Moore's Law to continue forever, quantum mechanics imposes some fundamental limits on the computation rate and information capacity of any physical device. In particular, it has been shown that 1 kilogram of matter confined to 1 liter of space can perform at most 10^51 operations per second on at most 10^31 bits of information [Seth Lloyd, Ultimate physical limits to computation, Nature 406, 1047-1054 (2000)]. A fully populated 128-bit storage pool would contain 2^128 blocks = 2^137 bytes = 2^140 bits; therefore the minimum mass required to hold the bits would be (2^140 bits) / (10^31 bits/kg) = 136 billion kg.
To operate at the 10^31 bits/kg limit, however, the entire mass of the computer must be in the form of pure energy. By E=mc², the rest energy of 136 billion kg is 1.2x10^28 J. The mass of the oceans is about 1.4x10^21 kg. It takes about 4,000 J to raise the temperature of 1 kg of water by 1 degree Celsius, and thus about 400,000 J to heat 1 kg of water from freezing to boiling. The latent heat of vaporization adds another 2 million J/kg. Thus the energy required to boil the oceans is about 2.4x10^6 J/kg * 1.4x10^21 kg = 3.4x10^27 J. Thus, fully populating a 128-bit storage pool would, literally, require more energy than boiling the oceans.

Mon conseil personnel, il ferait mieux de retourner programmer que de dire n'importe quoi.

mardi 26 février 2008

QOTD

Sur twitter, lieu de plaintes mutuelles entre BeRewt et moi[1]

<celui> Vous devrez notamment joindre l'avis d'un industriel montrant son intérêt dans le projet Je fais de la recherche fondamentale, pauv'con
<BeRewt> File moi pas ton projet, tu m'salis

Notes

[1] qui passons nos jours à essayer de monter des projets pour essayer d'agripper quelques euros supplémentaires pour pouvoir, enfin faire ce pour quoi nous sommes payé : de la recherche

lundi 25 février 2008

-15%, 2 liens

Blogizmo : fumisterie

Prétendre que depuis le 2 janvier 2008, date d'entrée en vigueur prohibant la cigarette dans les cafés, hôtels, restaurants et discothèques (CHRD), les maladies cardiovasculaires ont reculé en janvier 2008 de 15 % par rapport aux mois de janvier 2007 et 2006 est une escroquerie intellectuelle.

Le blog des bactéries et de l'évolution : Tabagisme passif et risque d'infarctus : nous prend-on pour des demeurés ?

Il n'est pas incroyable que la récente interdiction de fumer dans les lieux de convivialité diminue le nombre d'infarctus, n'en déplaise au fumeurs. C'est possible, et même probable, puisque l'on a en main les chiffres, les expériences et la théorie qui permettent de l'expliquer, donc plus qu'une simple corrélation. Tout cela est bien documenté, publié. (...) Non, on ne nous pend pas pour des demeurés, ces chiffres sont cohérents avec l'état des connaissances scientifiques et avec les résultats observés dans d'autres pays. Le tabac a aussi des effets à court terme

vendredi 15 février 2008

Turing Award 2007

Joseph Sifakis

Le Turing Award, c'est notre prix Nobel à nous, les informaticiens. Ça ne nous va pas si mal, dans le domaine, c'est vraiment la classe d'en avoir un. C'est pareil pour les matheux, chez eux la récompense suprême, c'est la médaille Fields. Comme ici ce n'est pas le Nouvel Obs, je ne vous dirai pas pourquoi il n'y aurait pas de prix Nobel en math.

Seulement voilà, sorti de la communauté, personne ne sait ce que c'est que le Turing Award, et ce n'est même pas médiatisé : pas un article dans le Monde, ni dans Libération, ni dans le Figaro.[1] Et pourtant, le Turing Award 2007 a été décerné ce 4 février à Joseph Sifakis, un chercheur (franco)-hellénique, fondateur de verimag, un des laboratoires de recherche en informatique de Grenoble.

Il partage ce prix avec deux américains, E. Clarke et E. Emerson, pour leurs travaux sur le model checking.

Voici la vérité, je vous aurais bien entretenu du model checking, mais je n'y connais presque rien. J'ai fait un peu de googlage et tout, et quand j'ai vu qu'il y avait des modèles de Kripke, j'ai abandonné. Je garde des mes cours de logique (en licence) un souvenir confus : je ne me suis jamais bien entendu avec cette branche de l'informatique théorique. Et pourtant j'apprends que ça fait parti des cours de bases. Là, je m'étouffe.

Nous mettons là le doigt sur une spécificité de l'informatique théorique française, il y a une forte communauté de (pour faire simple) logiciens, et tous les dérivés : λ-μ-π-calculeurs, logisticiens exotiques (systèmes temporels, logique épistémique, etc...) et même des catégoriciens.

Leur graal, c'est d'arriver à comprendre ce qu'est un programme. Non, ne rigolez pas, ce n'est pas facile. Il faut dire que le passage de messieurs Curry et Howard a été déterminant : ils ont montré qu'un programme, c'est une preuve. Et de là découlent tout un tas de problématiques : un programme qui ne plante pas, c'est un démonstration juste. Et une démonstration juste, ce n'est rien d'autre que de la logique. Et les applications sont nombreuses : développement de nouveaux langages de programmation pour lesquels il est possible de certifier des propriétés de justesse sur le programme,[2] assistants de preuves automatiques[3], toute une panoplie de méthodes de vérification (dont le model checking fait parti). Ce sont ces gens là qu'il faut remercier pour avoir montré comment vérifier que les métros sans conducteurs ne font pas n'importe quoi.

Mais quand on lit ce qu'ils produisent, tout de suite, cela devient très abscons.

Cela donne un peu une vision à deux têtes à la recherche française en informatique théorique, groso modo, les logiciens d'un côté, les algorithmiciens de l'autre. Avec une douce guéguerre entre les deux. Par exemple, l'Université Paris 7 se retrouve avec deux labos : le LIAFA (Algo) et le PPS (Logique) et ceux qui passent par le MPRI (Master Parisien de Recherche en Informatique), master de recherche de Polytechnique, ÉNS Ulm & Cachan, P7) expliquent qu'ils ne connaissent qu'une seule moitié de la promo tellement le cloisonnement existe.

Donc, je suis heureux que cette prestigieuse récompense soit enfin décernée à un chercheur qui travaille dans un laboratoire français, je fais remarquer que c'est un chercheur au CNRS, ce qui montre combien cette institution est obsolète, et espère qu'un prochain Turing Award sera rapidement décerné à un algorithmicien français. Évidement, cela ne remet pas en question l'adage qui veut que les logiciens sombrent inéluctablement dans la folie.

Je vais finir par penser que le Turing Award, n'est pas l'agenda des medias. Si seulement il y avait un prix Nobel d'informatique ! Mais moi, à faire de l'informatique quantique, je pourrais toujours avoir un Nobel de physique en sus de mon Turing Award.

Notes

[1] Je ne peux même pas faire un peu de journalisme bashing

[2] comme OCaML

[3] avec un superbe succès, la démonstration du théorème des 4 couleurs

dimanche 13 janvier 2008

Coming out

Première de mes résolutions de 2008, je le dis. Je sais qu'une telle déclaration peut, et certainement va, compromettre ma carrière scientifique, mais voyez-vous, il faut que ça sorte, ça me pèse de trop de faire comme les autres. J'assume ce que je suis.

Je suis créationniste.

Pire que tout pour la pensée unique qui formate notre monde, je suis vraiment créationniste, dans sa version hardcore, sa version biblique. Je ne me contente pas d'une interprétation que je bricolerais au-dessus du darwinisme.

On reproche au créationnisme de ne pas être une théorie, c'est à dire, de ne pas faire de prévisions accessibles à l'expérience. Or il s'avère que c'est faux. La fin des temps y est décrite, en détails et en paraboles dans l'Apocalypse de feu Saint Jean. La fin de l'espèce humaine ! Soit disant, l'évolution prédit l'avènement de post-humains, n'importe quoi, la vie ce n'est ni un roman de Michel Houllebecq ni de Dan Simmons. Les plus modérés des catholiques essayent de m'expliquer que l'apocalypse est en genre littéraire n'ayant pour seul but de me calmer, de me faire rentrer dans le moule. Ainsi procède ce qui vient du Malin.

À la fin des temps, nous verrons qui avait raison.

Le créationnisme est basé sur des faits, et sur un raisonnement, que l'on peut à dessein[1] nommer cartésien, le solipsisme.[2]

Le créationnisme n'empêche pas l'apparition de nouvelles espèces, elle affirme simplement qu'il n'apparaît plus d'espèces bonnes (Et Dieu vit que cela était bon), Lucifer possède lui aussi un pouvoir créateur, mais maléfique. Ainsi l'apparition de virus nouveaux (SIDA, SRAS) est parfaitement cohérent avec la théorie.

De même le créationnisme ne serait pas falsifiable. Là encore, on préfère discréditer la forme au fond. Allons-y, sauvegardons les apparences. Le créationnisme peut être réfuté, et de plusieurs manières. La moins probable est une révélation, où Dieu nous montre que la seule créature vivante qu'il sait faire est de l'ARN. Plus aisée, l'apparition d'une nouvelle espèce animale que l'Homme pourrait dominer.

Quand bien même elle répondrait à une quelconque utilité, la réfutation de ce type de discours péremptoire et militant ne présente donc aucune difficulté.[3] Et l'on pourrait aussi facilement discréditer l'évolutionnisme qui nous emmène sur des chemins intellectuels hasardeux.

Le darwinisme explique sans ciller que le plus fort est plus adapté sur le plus faible, et qu'il gagne ainsi sa place dans le monde. Ce genre de théorie fut très utilisée par l'Allemagne Nazie, tant pour l'extermination des Juifs que pour la germanification de l'est.[4] De même elle justifie l'attitude belliqueuse des USA envers les autres pays. Il est donc pour le moins étrange de voir l'extrême gauche française, population où le créationnisme est nié en bloc être à la fois fortement opposée aux USA dont le but de nous faire progresser serait légitimer, soit-disant, par une théorie scientifique. L'extrême gauche n'est décidément pas à une contradiction près.

Notes

[1] intelligent

[2] J'aime cette phrase qui fait savant, mais qui ne veut rien dire

[3] http://dirtydenys.net/index.php?2008/01/06/242-plonger-dans-le-gaz

[4] Point G.

vendredi 14 décembre 2007

Mon sujet, c'est ici

Comme funnyface, je trouve qu'énoncer le sujet de ma thèse en société, ça ne se fait pas. Ça relève de la vulgarité et de la prétention. (et en plus, il n'y a pas Foucault dedans). Mais les gens sont curieux, ils insistent Allez, Celui, dis-moi le sujet de ta thèse, alors je suis obligé d'assurer mes arrières Es-tu bien sûr que tu veux le savoir ?. Là j'espère voir poindre une lueur de doute, mais ma question a toujours l'effet inverse : Bien sûr que je veux savoir !

Erreur fatale, blue screen of the death, Et c'est sur moi que ça retombe, les gens attendent des explications, de la vulgarisation, comme si je n'avais pas dit assez de gros mots comme ça.

Dorénavant, j'ai la solution, je répondrai va voir sur mon blog, y a la réponse C'est le niveau 1 de la pédagogie, mais ma vie sociale est à ce prix-là.

Je fais de la cryptographie, c'est-à-dire coder des messages, les envoyer, les décoder. Le truc important, c'est qu'un espion, s'il a le message codé ne puisse pas le décoder. C'est pour ça que vous pouvez commander mes cadeaux de noël sur Internet sans (trop de) risque.

Mais voilà, il y a une saloperie, il y a un théorème d'impossibilité. C'est un théorème qui commence par Il est impossible de ; et dans mon cas c'est Il est impossible de faire un protocole de cryptographie inconditionnellement sûr. Au jeu du chat et de la souris, il est impossible à la souris de trouver un endroit sûr. Ça m'emmerde pour mes cadeaux.

Donc ce qu'on cherche, c'est un protocole où pour l'espion (que l'on appelle Ève entre nous) il soit très difficile de décoder le message. C'est à dire que le problème décoder le message soit compliqué. Ça un vrai truc d'informaticien, on a des milliers de problèmes qu'on passe notre temps à trier, à ranger, à classer. Et des classes de problèmes, nous en avons à revendre. Il y a en tellement, un bestiaire impressionnant, qu'il existe même un zoo. Il y en a pour tous les goûts : des classes de problèmes extrêmement simples aux plus ardus.

Les deux classes les plus connues répondent incontestablement aux doux noms de P et de NP. Dans P il y a les problèmes pas trop durs, dans NP des problèmes (que l'on croit) difficiles. La question la plus fondamentale aujourd'hui en informatique, c'est de démontrer que PNP.

Une immense partie de la cryptographie actuelle est basée sur un algorithme qui s'appelle RSA (trouvé par Rivest, Shamir et Adleman). Le problème qu'Ève doit résoudre pour espionner la conversation est dans NP. C'est sacrément compliqué pour elle de le faire, même si ce n'est pas impossible.

Un exemple ? Si je vous dit que 159623548 x 5597469526 = 893487945561998248, vous prenez votre calculatrice pour vérifier, c'est facile, la multiplication est dans P. Maintenant, je vous demande de trouver deux nombres à 10 chiffres tels qu'en les multipliant vous obtenez 893487945561998248, c'est une autre histoire, c'est compliqué, c'est dans NP. C'est sur principe que reposent les algorithmes modernes. (À la différence près qu'au lieu d'utiliser des nombres de 10 chiffres, on utilise des nombres de plusieurs centaines de chiffres)

Mais voilà, en 1994, Peter Shor a montré que si Ève avait un ordinateur quantique, alors elle peut facilement écouter les conversations. Un chat avec un ordinateur quantique, c'est un chat qui coure plus vite. Il ne fait rien de magique, rien de plus que ce qu'il pouvait faire avant, il le fait juste plus vite. Donc ce que j'essaye de faire, c'est de trouver un protocole, mieux qu'RSA (en tout cas sur le papier) où Ève, même avec un ordinateur quantique, ne puisse pas écouter la conversation.

Dit comme ça, on dirait que je ne sais pas trop où je vais. C'est faux. Il y a rarement quelque chose de fondamentalement nouveau en recherche. Je joue au Légo, j'assemble des briques qui existent déjà, mais à la Celui, j'utilise de vieux outils, même si personne ne les utilise de cette manière. C'est ce qui continue de m'émerveiller, chaque fois que j'ajoute un élément, çà me donne une idée de comment continuer. De temps en temps, il faut casser un bout pour le reconstruire différemment, mais la maison immanquablement prend forme.

Quand on y réfléchis bien, je ne suis qu'un gamin qui continue de jouer au Légo, pour que vous puissiez continuer vos activités d'adultes qui nécessitent le secret. À chacun sa place, et j'aime la mienne.

Ça fait une bonne introduction pour ma thèse, non ?

lundi 3 décembre 2007

QOTD

Dans les commentaires de Palpatine :

<celui> Je suis algorithmicien théoricien, ça veut bien dire ce que ça veut dire sur "mes" algos. Sur le papier, il sont corrects.
<palpatine> Et ils compilent tes papiers ?

On ne dit pas compiler, on dit reviewer par des pairs.

Allez, zou, un XKCD.

mercredi 28 novembre 2007

Oui, il y a encore à trouver en informatique

J'en ai marre qu'on me demande s'il y a encore quelque chose à trouver en informatique. Les âmes plus prudentes me demande s'il y a encore quelque chose de fondamental à trouver.

Je pourrais parler de P et d'NP, mais à quoi bon rentrer dans la théorie alors qu'il y a un exemple que tout le monde comprend : la multiplication. Parce que, accrochez-vous, on ne connaît pas l'algorithme le plus rapide[1] pour faire une multiplication.[2], ça va, c'est assez fondamental ?

Le meilleur algorithme connu, celui de Martin Fürer, date de février 2007. Il améliore l'algorithme de Schönage et Strassen de 1971. C'est vous dire si c'est compliqué. Puisqu'on y est, c'est pareil pour la division : on ne connaît pas non plus l'algorithme le plus rapide (mais sait comment le fabriquer à partir de celui de la multiplication).

Notes

[1] asymptotiquement

[2] Où si on le connaît, on ne sait pas qu'il est le plus rapide

Résumés

À l'instar d'Eolas qui met à jour ses codes régulièrement grâce à la lecture quasi-quotidienne du Journal Officiel, je mets à jour mes connaissances à partir de l'arXiv. Typiquement un résumé d'article ressemble à ça :

The semi-classical approximation to black hole partition functions is not well-defined, because the classical action is unbounded and the first variation of the uncorrected action does not vanish for all variations preserving the boundary conditions. Both problems can be solved by adding a Hamilton-Jacobi counterterm. I show that the same problem and solution arises in quantum mechanics for half-binding potentials.

Gouleyant, non ?

Et ce matin, quelqu'un s'est peu amusé :

"God does not play dice. He flips coins instead." And though for some reason He has denied us quantum bit commitment. And though for some reason He has even denied us strong coin flipping. He has, in His infinite mercy, granted us quantum weak coin flipping so that we too may flip coins.
Instructions for the flipping of coins are contained herein. But be warned! Only those who have mastered Kitaev's formalism relating coin flipping and operator monotone functions may succeed. For those foolhardy enough to even try, a complete tutorial is included.

Je doute sérieusement que le résumé reste en l'état si cet article est publié...

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