Griffonnages

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It works, bitches!

Because Science works!

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lundi 3 décembre 2007

QOTD

Dans les commentaires de Palpatine :

<celui> Je suis algorithmicien théoricien, ça veut bien dire ce que ça veut dire sur "mes" algos. Sur le papier, il sont corrects.
<palpatine> Et ils compilent tes papiers ?

On ne dit pas compiler, on dit reviewer par des pairs.

Allez, zou, un XKCD.

mercredi 28 novembre 2007

Oui, il y a encore à trouver en informatique

J'en ai marre qu'on me demande s'il y a encore quelque chose à trouver en informatique. Les âmes plus prudentes me demande s'il y a encore quelque chose de fondamental à trouver.

Je pourrais parler de P et d'NP, mais à quoi bon rentrer dans la théorie alors qu'il y a un exemple que tout le monde comprend : la multiplication. Parce que, accrochez-vous, on ne connaît pas l'algorithme le plus rapide[1] pour faire une multiplication.[2], ça va, c'est assez fondamental ?

Le meilleur algorithme connu, celui de Martin Fürer, date de février 2007. Il améliore l'algorithme de Schönage et Strassen de 1971. C'est vous dire si c'est compliqué. Puisqu'on y est, c'est pareil pour la division : on ne connaît pas non plus l'algorithme le plus rapide (mais sait comment le fabriquer à partir de celui de la multiplication).

Notes

[1] asymptotiquement

[2] Où si on le connaît, on ne sait pas qu'il est le plus rapide

Résumés

À l'instar d'Eolas qui met à jour ses codes régulièrement grâce à la lecture quasi-quotidienne du Journal Officiel, je mets à jour mes connaissances à partir de l'arXiv. Typiquement un résumé d'article ressemble à ça :

The semi-classical approximation to black hole partition functions is not well-defined, because the classical action is unbounded and the first variation of the uncorrected action does not vanish for all variations preserving the boundary conditions. Both problems can be solved by adding a Hamilton-Jacobi counterterm. I show that the same problem and solution arises in quantum mechanics for half-binding potentials.

Gouleyant, non ?

Et ce matin, quelqu'un s'est peu amusé :

"God does not play dice. He flips coins instead." And though for some reason He has denied us quantum bit commitment. And though for some reason He has even denied us strong coin flipping. He has, in His infinite mercy, granted us quantum weak coin flipping so that we too may flip coins.
Instructions for the flipping of coins are contained herein. But be warned! Only those who have mastered Kitaev's formalism relating coin flipping and operator monotone functions may succeed. For those foolhardy enough to even try, a complete tutorial is included.

Je doute sérieusement que le résumé reste en l'état si cet article est publié...

mercredi 21 novembre 2007

J'aimerais que

ce soit vrai parce que :

  • je n'aime pas du tout la théorie des cordes
  • Garrett Lisi a 39 ans seulement et n'est pas trop endoctriné par d'autres idées
  • j'aimerais voir de mon vivant cette unification
  • c'est le bon moment pour le LHD
  • une découverte de cette ampleur attirerait des étudiants en science et ôterai un peu le pessimisme scientifique ambiant
  • les symétries, il n'y a que cela de vrai

ce soit faux parce que :

  • la physique des particules va attirer à elle encore plus de crédits
  • je n'ai pas envie de mentir en répondant aux appels à projet en expliquant que l'ordinateur quantique est le meilleur outil pour étudier E8
  • c'est mon destin à moi de faire la plus grande découverte scientifique de mon époque
  • c'est encore un américain qui aurait le prix nobel
  • c'est à un vrai physicien plutôt qu'à un mathématicien déguisé en physicien de faire ce genre de découverte

mardi 20 novembre 2007

Et si c'était vrai ?

La communauté dePolytope de Gosset, Groupe de Lie E8s physiciens est en émoi depuis une bonne semaine et la prépublication de An Exceptionally Simple Theory of Everything par Garrett Lisi. Ce papier prétend avoir une solution simple et élégante à la plus importante question de la physique moderne : comment résoudre l'inconsistance entre mécanique quantique et relativité. Ces deux théories nées au début du XXème siècle ne sont pas cohérentes : dans certains cas elles ne prédisent pas le même résultat. Trouver une théorie qui englobe à la fois la mécanique quantique et la relativité est un challenge qui occupe de nombreux théoriciens depuis un siècle environ. Deux théories sont sur l'établi : la théorie des cordes et la théorie de la gravitation quantique à boucle. (grossomodo, l'une considère plutôt que la relativité est juste, l'autre que c'est la mécanique quantique, je vous laisse imaginer ma préférence)

De ces théories, je ne sais presque rien tellement cela dépasse mes compétences. En revanche, il est facile d'imaginer l'impact de cette nouvelle théorie - si elle s'avère vraie - la plus grande découverte en physique depuis 1905, soit plus d'un siècle.

Évidement donc, les scientifiques en parlent, et l'information débarque même dans les médias plus populaires comme Le Monde. Il faut dire que la personnalité de Garrett Lisi, théoricien la nuit, surfeur à Hawaï le jour[1] joue en sa faveur, il est loin de l'image du barbu qui passe ses nuits dans son laboratoire.

Mais c'est sur les blogs anglophones que l'on retrouve les meilleurs commentaires et points de vue. Il faut dire qu'il règne là-bas la String War, mouvement contre la théorie des cordes, menée entre autre par le très bon Not Even Wrong. Je trouve la communauté scientifique blogueuse francophone un peu trop sage, ça manque de débats (et de trolls !), et pour cela, je prête les clés de mon blogs à quiconque veut publier sur le sujet, d'une vision très encyclopédique à une véritable prise de position sur le sujet.

Notes

[1] oui j'exagère, mais je ne vois pas pourquoi seul le Monde pourrait faire ce genre de raccourci

mardi 6 novembre 2007

Spookytechnology (2/2)

Comme nano

Dans un récent papier déposé sur l'arXiv, base de donnée d'eprints, Charles Tahan propose le terme de spookytechnology pour désigner les applications de la théorie quantique de l'information. À l'heure où les premières applications rentrent dans l'ère industrielle, il faut se hâter de lancer la machine commerciale avec un terme qui parle au grand public, comme nanotechnologie, pour remplacer tous ces machins-ci quantiques et machins-ça quantiques, que sont les ordinateurs quantiques, la téléportation quantique, la cryptographie quantique,...

Mais, contrairement au terme de nano, Charles Tahan en proposant ce mot insiste sur deux aspects : il a un sens physique, et il est issu de la communauté des théoriciens (quantiques) de l'information.

Il enfonce le clou en concluant par :

Spookytechnology will find its place in the increasingly dense line of major technological revolutions began with the industrial revolution in the eighteenth century: quantum, info, bio, nano, spooky.

Une idée sinistre

Non seulement ce terme est ridicule, mais il ne répond pas aux objectifs demandés.

Comment traduire spookytechnology ? Technologie sinistre ? Technologie qui fait froid dans le dos ? Technologie étrange ? Bref, rein de très commercial. Le plus commercial, en fait, c'est garder ce nom de spooky, très Star Wars. Mais avouons que proposer un terme pour son sens et le garder pour sa sonorité n'est pas vraiment atteindre l'objectif.

D'ailleurs, d'où lui vient cette idée ? Dans un des plus célèbres article d'Einstein, Can quantum mechanical description of physical reality be considered complete?, coécrit avec Podolsky et Rosen, d'où les dérivés paire EPR et paradoxe EPR, il est écrit spooky action at distance pour parler de la non-localité. Et voilà, rendons à Einstein ce qui ne lui appartient pas, spookytechnology est là. Quantumtechnology, ça fait XXème siècle, les lasers et les transistors, c'est pour ça qu'il faut un mot nouveau, un nouvel emballage — société de consommation, quand tu nous tiens — alors quoi de plus naturel que de retourner aux sources de la mécanique quantique ?[1]

Enfin, on ne peut qu'être surpris de cette énumération : quantum, info, bio, nano, spooky où est étrangement absent le nucléaire, mais où figure bio, cette discipline au nom ancien et qui malgré cela porte avec elle les prémisses de technologies futures importantes.

Comme bio

Ce qui unit tous ces machins quantiques, c'est leur utilisation de l'intrication, de la superposition et de la non-localité de la mécanique quantique. Si spooky se veut transversal, pour regrouper à la fois des opticiens, des théoriciens, des personnes issues des matières condensées ou des télécommunications, des informaticiens et même quelques mathématicien, le cœur reste quantique.

Pour Philip Ball, qui publie une tribune dans Nature, cette tentative est vaine, pour moi elle peut même se révéler contre-productive.

C'est de bio, et non pas de nano dont il faut s'inspirer. Il faut redonner au terme quantique sa signification et la populariser, ce qui demande évidement un effort accru par rapport à un simple changement de nom commercial. Si les commerciaux donne des noms de science fiction à des appareils industriels, c'est leur problème. Celui des scientifiques, ce n'est pas de trouver un nom capilotracté, c'est au contraire une démarche pédagogique en expliquant pourquoi la communauté scientifique utilise ces termes, pas en les cachant au grand public, c'est faire preuve d'une supériorité dont les scientifiques ne peuvent plus se permettre à l'heure des attaques quelle subit, notamment celle du dessein intelligent.

Notes

[1] ah oui remarquez aussi la disparition totale du mot mécanique systématiquement remplacé par celui d'information, nous ne sommes plus au XIXème siècle...

mercredi 31 octobre 2007

Spookytechnology (1/2)

Que vous évoque ce terme ? Achèteriez-vous un périphérique, un ordinateur spooky-ready ? Auriez-vous confiance dans le site web spooky inside ?

mercredi 10 octobre 2007

Nobel et classement de Shanghai

Logo Université Paris-Sud 11 (Orsay)

Suivi de l'Université Paris 11, dans le classement des universités édité par l'Université de Shanghai :

  • 2003 - 42ème
  • 2004 - 48ème
  • 2005 - 61ème
  • 2006 - 64ème
  • 2007 - 52ème

Savez-vous ce qui a enrayé la chute ? Une médaille Fields, celle de Wendelin Werner, qui dépend de l'université Paris 11. Et qu'est-il arrivé hier ? Albert Fert, qui lui aussi dépend de la même université, vient de se voir attribuer le prix Nobel de Physique. (Toutes mes félicitations d'ailleurs)

On prend les paris : l'université Paris 11 se trouvera dans le top 40 du classement de Shanghai l'année prochaine.

Allez, quelques questions en vrac.

  • M. Werner et Fert sortent de la même université, laquelle ?
  • En deux ans, qu'est-ce qui a tant changé à Paris 11 pour sortir de la tendance baissière ?
  • De quelles décennies datent les travaux récompensés ?
  • Dans quelle(s) autres université(s) donnent-ils aussi des cours ?
  • Que va-t-il se passer si Alain Aspect obtient lui aussi un prix Nobel dans les 5 prochaines années ?

Vous aussi posez vos questions rhétoriques contre le classement de Shangai, ça détend.

lundi 8 octobre 2007

Nobel et maljournalisme

Alfred NobelAprès les IG-Nobel la semaine dernière, ce sont au tour des véritables prix Nobel cette semaine. C'est un des rares moments de l'année où l'on parle un peu de vraie science dans les journaux sérieux. (non, n'allez pas sur libe.fr, il n'y a pas d'article sur le prix Nobel ; d'ailleurs, il n'y a même pas de rubrique Sciences sur leur site.)

Ainsi donc, cette semaine les journaux vont parler science, mais aussi littérature, économie et paix.

Il est à prévoir que cette année encore, les journaleux commenteront l'omniprésence des américains - ou pas - et l'on pourra se morfondre des tentatives de vulgarisation.

Dans certains journaux, le journaliste, n'y comprenant strictement rien, se bornera à répéter des phrases du genre : Monsieur X, américain, a été récompensé, pour ses travaux sur la génétique de la souris. Évidement, nous n'apprendrons pas pourquoi ces personnes plutôt que d'autres alors qu'il y a des milliers de généticiens de par le monde. Dans d'autres journaux, on aura du spectaculaire, de l'invraisemblable, parce que bon, il faut vendre.

Je me demande de plus en plus, si les journalistes n'abdiquent pas en pensant : de toute façon c'est trop compliqué, personne ne peut comprendre, à quoi bon m'échiner à rédiger un article. Dans ce cas précis, je conseille de changer de journaliste. Mais rassurez-vous, vous connaîtrez le taux de change de la couronne suédoise : 10 millions de couronnes, ça fait 1,09 millions d'euros. L'argent est sauf.

La grande messe scientifique réduite à de vulgaire compte d'apothicaire, si vous n'en voulez pas, il faut se tourner vers les journaux et les blogs spécialisés, où, j'en suis sûr, les tauliers vous serviront de la vulgarisation bien rafraîchissante, à consommer sans modération.

Quant à moi, puisqu'il n'existe pas de Nobel d'informatique, (soi-disant à cause d'une sombre histoire de coucherie), il faudra attendre le Turing Award 2007.

[Image dans le domaine public]

mardi 2 octobre 2007

Comment cherche-t-on ? (rapport de gendarmerie)

Préliminaire

Je tente une expérience de live-blogging à nouveau. La tâche est ardue, je vais faire de mon mieux : à travers ma journée - qui s'annonce une journée ordinaire - je vais live-bloguer ce que fais professionnellement, ou estudiantinement, car les doctorants sont officiellement encore des étudiants puisque le doctorat est un diplôme universitaire. (D'ailleurs ensuite, il y a d'autres thèses à soutenir comme l'HDR). VinZ rapporte lui aussi, et c'est très bien, parce que deux, c'est toujours mieux qu'un.

Liminaire

J'essaye de trouver un protocole de communication qui soit résistant à un certain type d'attaques. Pour cela, dans les semaines précédentes, je pensais qu'on pouvait utiliser une méthode assez classique. Mais en fait, ça ne marche pas, je l'ai démontré ces derniers jours. Maintenant, je vais essayer une autre méthode, mais je n'ai pas le bagage scientifique assez étoffé pour m'y lancer directement, sans quoi je vais perdre mon temps à réinventer la roue.

Rapport

  • 09:35 - Arrivée au labo. Je suis le premier scientifique, seule une secrétaire est déjà là.
  • 09:41 - Je vais lire les eprints, ce sont tous les articles déposés hier dans une base de données. Certains seront publiés, certains sont faux, etc. Je lis tous ceux qui m'intéressent, même ceux qui ne sont pas directement liés à mon sujet de recherche, un des buts étant d'élargir mes connaissances.
  • 09:51 - J'ai sélectionné 2 articles parmi les 26 résumés lus.
  • 10:17 - Le labo se remplit, tout le monde est là. Ça papote.
  • 10:27 - Tournée des blogs pros
  • 10:33 - VinZ vient de s'y mettre, une seconde vision que je vous conseille de lire.
  • 10:39 - Fin de l'heure culturelle, ouverture sur le travail des autres. Je retourne dans mon pré carré. Livre et articles que j'ai sélectionné hier : le but est vraiment d'apprendre un formalisme et les outils qui vont avec.
  • 10:46 - Détente : rires dans le labo à la lecture du Kroll
  • 11:08 - Café du matin, drogue de l'informaticien. Le secret le mieux gardé des chercheurs en informatique : dans un labo que j'ai visité il y a quelques temps il y avait un dessin de machine à café, avec deux flèches en entrée, une avec inscrit idée, la seconde capsule, et une flèche en sortie Théorème. Trouver n'est pas si difficile, il faut juste choisir la bonne capsule. (et dire que certains carburent au thé...)
  • 11:40 - Nous sommes tous sous Linux ici, sauf les secrétaires qui ont le droit à un Windows. C'est un petit labo, il n'y a pas de CRI, de staff ou de DSI, je suis chargé de la maintenance. Ça fait de la productivité en moins. Problème de serveur d'impression réparé. Retour à la lecture.
  • 12:15 - Les étudiants viennent de sortir de cours, ils font halte sous mes fenêtres, j'entends des braiments. Mais diantre, pourquoi y a-t-il des étudiants dans une université ?
  • 12:21 - Se poser et une question et ne pas trouver de réponse, c'est mon quotidien. Dans ce cas là, plusieurs solutions s'offrent à moi, la plus courante étant d'aller voir un collègue. Ces discussions sont bénéfiques à tout point de vue. Sinon au peux aussi envoyer un email à l'auteur du papier, mais c'est souvent plus risqué. J'ai vraiment des collègues sympas, et qui en plus s'y connaissent bien, j'ai la chance d'être dans un bon cadre de travail.
  • 12:47 - J'ai faim.
  • 13:10 - Toute l'équipe part manger. Ensemble.
  • 14:01 - Café du midi.
  • 14:11 - Retour au labo : aujourd'hui, il y a 2 belges, un russe, un français, un espagnol et une vietnamienne. La recherche est un domaine fortement internationalisé, que ce soit au niveau des équipes de recherche, des divers jurys et des collaborations.
  • 14:36 - VinZ me nargue. Ici il y a du brouillard. Ma fenêtre donne sur un petit square arboré, c'est pas si mal.
  • 14:37 - J'en ai marre de lire. Il vais mettre au propre (ie tapper un petit rapport de quelques pages en LaTeχ sur ce que j'ai fait ces 2 dernières semaines). Même si le résultat scientifique n'est pas intéressant puisque ça n'a débouché sur rien, c'est relativement important de le faire, il me semble. D'abord si un jour j'ai un résultat intéressant, une partie de ce rapport ne sera pas à jeter, ensuite si j'en discute avec quelqu'un un jour j'aurais un papier synthétique pour me rappeler ce que j'ai fait, c'est toujours utile de savoir de quoi on parle. Enfin, ça m'aide une dernière fois à relire mes calculs et vérifier la (non)-validité de mon résultat.
  • 15:10 - Reçu un email annonçant un pot (de départ). 3 pots annoncés en 3 jours, on tient une bonne moyenne.
  • 15:46 - À croire que je l'ai fait exprès, mais il n'en est rien, je me demande s'il n'y a pas une petite erreur dans mon raisonnement. Je replonge dans les équations.
  • 15:47 - Méthode contemplative : j'écris mes données et mes équations au tableau (à la craie, je suis un puriste) et je regarde en essayant de voir si le tout est cohérent ou pas. Je griffonne quelques calculs, des dessins pour guider l'intuition...
  • 16:51 - De retour sur internet pour chercher dans des papiers si personne n'a déjà fait avant ce que j'essaye de faire maintenant. Dans tout ce que j'ai fait depuis quelques semaines, il n'y a pas grand'chose de personnel en fait, je prends des briques un peu de partout, a priori incompatibles, que je modifie légèrement et que j'agence pour former un nouveau tout, sur une nouvelle problématique. Je joue au légo.
  • 17:01 - Pause café.
  • 17:51 - Coupure géante d'électricité sur tout le campus : plus de lumière, plus de réseau, je suis rentré chez moi. Désolé pour cette fin théâtrale.

lundi 1 octobre 2007

Demain, rapport de gendarmerie

Demain, devant vos yeux rougis par les rayonnements de vos écrans, je tenterai d'écrire un rapport de gendarmerie.[1] Mais ce ne sera qu'un ersatz de rapport pour tenter de répondre à la question : comment les chercheurs trouvent-ils ? Parce que c'est vrai çà, comment cherche-t-on ? Et comment trouve-t-on ?

J'aimerais écrire un billet dessus, mais c'est bien trop long. Il faudrait trouver la motivation, donc la chercher, et je n'en ai pas envie.

On me pose souvent la question du quotidien d'un chercheur, ou d'un doctorant plus exactement, alors demain, journée on ne peut plus ordinaire, j'essayerai de vous faire apercevoir un peu de la mienne. Rendez-vous vers 9h20, alors, pour un brin de quotidien. Oui, je sais, 9h20, la France qui se lève tôt, tout ça, mais peut-être que si mes heures supplémentaires étaient payées...

Peut-être.

Notes

[1] La hype 2.0 thing voudrait que j'ouvre un compte twitter pour ça, mais il faut croire que je ne suis pas deux point zéro, ou pas hype.

dimanche 26 août 2007

Encore une illusion de moins

Je suis toujours étonné lorsqu'on me demande un échéancier pour mon travail. Qu'attendent-ils ?

Septembre : beaucoup de travail administratif, peu de recherche, je vais cependant montrer une faille dans les systèmes de compression.
Octobre : mois très prolifique. Je vais démontrer le lien entre trou-noir et complexité de Kolmogorov
Novembre : contre-coup, rien
Décembre : mon papier sur les trous-noirs vient d'être accepté, je pars en tournée mondiale pour une série de conférences
Janvier : Biblio + préparation de mes enseignements
Février : Premiers résultats sur la complexité de Kolmogorov quantique, lien avec l'entropie de Von Neumann
Mars : ah ben non merde, ce que j'ai fait en février c'était naze, je n'aurais pas du aller skier.
Avril : j'essaye de me remettre de ma déprime provoquée par ma contre-perfomance de mars, je décrette que la complexité de Kolmogorov, c'est nul. Je change de sujet (en accord avec mon directeur de thèse) dorénavant je me donne comme nouvel objectif d'arriver à faire une carte graphique pour le lancer de rayons.
Mai : En fin de compte j'ai eu l'illumination, le truc trop rare, mes matrices me parlaient, et elles m'ont donné la solution, je suis en train de découvrir la vraie nature de la compression, Kolmogorov est à nouveau mon maître.
Juin : Proof-Of-Concept d'un archiveur qui compresse jusqu'à la bonne inférieure prouvée le 6 juin.
Juillet : L'incubateur de la faculté est venu me proposer de monter ma propre boîte, elle me fait une avance de 5 000 000€.
Août : Vacances.

Mais le système est plus pervers en fait, tout le monde le sait, et tout le monde fait comme s'il ne le savait pas !

Les équipes de recherche X, Y et Z veulent s'associer pour monter un gros projet de 3 ans. Elles candidatent pour des financement auprès de diverses source (Universités, entreprises, organismes de recherche, commission européennes, etc.) et doivent elles-aussi donner un échéancier. Que font-elles alors ? Elles inscrivent comme résultats prévus à la fin de la première année, des résultats DÉJA obtenus...

Mais est-ce le système le moins mauvais ? Je ne sais pas. Mais chaque jour que je passe à essayer de comprendre comment fonctionne l'organisation de la recherche m'enlève mes illusions de jeune scientifique pour l'amour de la science.

mardi 24 juillet 2007

500995484682338672639 positions

Pas aux dames françaises, mais au checker. C'est le New York Times qui régale...

Envie d'essayer quelques unes des positions ? Chinook est votre ami.

jeudi 19 juillet 2007

Many lives in many worlds

Un article paru dans Nature ces jours-ci sur les univers parallèles en mécanique quantique. (Théorie d'Everett)

There is also a global effort to build quantum computers which, if successful, will be able to factor numbers exponentially faster than classical computers, effectively performing parallel computations in Everett’s parallel worlds.

(...)

The choice is yours. But I worry that if we dismiss theories like Everett’s because we can’t observe everything or because they seem weird, we risk missing true breakthroughs, perpetuating our instinctive reluctance to expand our horizons.

[Max Tegmark, Many Lives in Many World, Nature 448 (23) - July 2007]

lundi 2 juillet 2007

QOTD

Lu dans l'élégance du hérisson de Muriel Barbery (éd. Gallimard, 356p, 20€)

Il [Tibère] fait Normale Sup' comme elle [Colombe], mais en math. Quand je pense qu'on appelle ça l'élite... La seule différence que je vois entre Colombe, Tibère, leurs copains et une bande de jeunes du peuple, c'est que ma soeur [Colombe] et ses potes sont plus bêtes. Ca boit, ça fume, ça parle comme dans les cités et ça s'échange des paroles du type : Hollande a flingué Fabius avec son référendum, vous avez vu ça, un vrai killer, le keum (véridique) ou bien : Tous les DR (les directeurs de recherche) qui sont nommés depuis deux ans sont des fachos de base, la droite verrouille, faut pas merder avec son directeur de thèse (tout frais d'hier).

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