Cendres, Centre, Centre
Par Celui le mercredi 3 octobre 2007, 23:45 - Politique - Lien permanent
Le Centre, ce genre politique antique, écrasé entre la Droite à la Jaurès et la Gauche à la Jeanne d'Arc, avait trouvé, de manière fort surprenante, une place lors des présidentielles, François Bayrou y était pour beaucoup, qu'il s'est empressé de perdre dès les législatives, François Bayrou y était pour beaucoup aussi ; derrière une humilité perçait une ambition personnelle forte.
Maintenant, qu'est-ce que le Centre en terme de présence politique ? Principalement deux partis, le Mouvement Démocrate, pour lequel le mot Centre s'éclipse inexorablement au profit de celui de Démocrate, et le Nouveau Centre. Ces deux formations germent principalement des cendres de l'UDF. Ces deux formations sont plus ou moins fantomatiques, que se soit dans les médias ou dans les assemblées parlementaires. Ces deux formations semblent limitées aux coups d'éclats pour exister, ou plus exactement à une opposition éclatante. Pas une opposition franche, oh non, le Centre est un bâtisseur de demain, ce n'est pas le PS quand même, c'est mieux que ça, une opposition démonstrative, et pour cause, c'est la seule façon qu'il a de se faire médiatiser. François Bayrou donne son avis sur tout[1], le Nouveau Centre se démarque de l'UMP sur quelques points secondaires, mais symboliques.
Pire que celle du poulet, le Nouveau Centre traîne une
odeur de traîtrise, pour s'en défaire, la solution est toute simple :
montrer que lui aussi sait s'opposer à Nicolas Sarkozy et/ou à l'UMP tout en
étant dans la majorité. Et il se révèle assez fort à ce jeux. Et voilà, je me
suis trompé, ce n'est pas parce qu'il ne veut plus passer pour celui qui a
détruit le Centre qu'il joue ce rôle, mais justement parce qu'il incarne le
Centre, et que les valeurs qu'il défend, ce sont les siennes. Il est difficile
de faire la part des choses, et il faut bien l'avouer, un phœnix est bien plus
attirant qu'un poulet. À l'avantage du poulet d'avoir une présence réelle.
Dans un monde meilleur, l'UMP n'aurait pas la majorité sans l'aide du Nouveau Centre[2] et l'hésitation du paragraphe précédent n'existerait pas, le prix de l'opposition serait très élevé. Le Nouveau Centre se retrouverait alors en position d'arbitre, quelle ironie, la position que François Bayrou affectionne le plus, celle de l'instituteur qui distribue les bons points, bien plus que celle du directeur. Une situation similaire risque cependant de se produire lors de la révision de la Constitution, sur les propositions du Comité Balladur, qui devrait rendre sa copie aux alentours du 24 octobre. On le sait, les voix de l'UMP et celles du Nouveau Centre n'y suffiront pas, il faut au moins 7 voix venues d'ailleurs. La manière dont le NC donnera les siennes sera révélateur sur un sujet aussi clivant que nos institutions, car il ne faut pas oublier qu'il y a là-bas des élus qui, il y a peu de temps encore, militaient pour une VIème République. Ils auront alors l'occasion d'expliquer en Congrès ce qu'est la vision centriste des institution, comment elle s'insère entre les visions Démocrate et Républicaine. Parce qu'actuellement, on s'y perd.
Notes
[1] mais très mal via internet
[2] entre ce monde meilleur, et un monde parfait, le gap est grand
Commentaires
Sur ce sujet, je vous invite à consulter et à participer à la construction du blog « Alter-Comité Balladur » visant à discuter des propositions institutionnelles : http://c6r.ifrance.com/