Nous sommes en 201x, la Commission vient de faire passer une directive ouvrant fortement les transports à la concurrence, les taxis et les trains en première ligne.

Le gouvernement français, qui souhaite faire cette réforme, mais ne sachant pas trop comment s'y prendre pour ne pas répéter l'erreur historique d'Attali/Sarkozy, accepte ce cadeau divin.

Il fait savoir qu'il planche sur la transcription en droit national de la directive européenne, que la France, malheureusement, est obligée de s'y conformer. Les chauffeurs de taxis, fort de leur précédent succès, se mettent en grève. Ils partagent, avec les autres transporteurs une capacité de nuisance phénoménale. Mais ils n'ont plus, comme ce fut le cas en 2008, la force symbolique contre le rapport Attali, ils sont cette fois-ci, bien seuls.

Taxi Parisien

Le gouvernement lâche, jusqu'aux prochaines élections, et décide de payer les amendes providentielles que Bruxelles inflige. Puis, comme le veux la longue tradition française, finalement transcrit. Mais ce n'est pas sa faute, c'est la faute de l'Europe.

Mais, évidement, les chauffeurs de taxis n'arrivent pas à négocier les rachats de licence au prix qu'ils auraient été capables d'obtenir en 2008 en profitant d'un contexte favorable : la faiblesse de Nicolas Sarkozy à l'approche des municipales. (Et puis, de toute façon, ce n'est pas au gouvernement de décider, tout à déjà été fait ailleurs, dans cette enceinte ultra libérale qu'est le Berlaymont).

La faiblesse actuelle de Nicolas Sarkozy a été mal exploitée par les chauffeurs, en lui laissant la face sauve, ils auraient pu mieux négocier que ce qui va arriver. Et les perdants seront encore une fois l'Europe, sur qui l'on se serra défaussée, mais aussi les chauffeurs de taxi. Je comprends qu'humilier de la sorte Nicolas Sarkozy est un plaisir certain, mais n'aurait-il pas mieux valu une vision à plus long terme ?

[Photo de Tuffer, sous licence CC BY-NC-ND 2.0]