Je continue de le répéter, la création du MoDem est une erreur stratégique, elle se paye aujourd'hui.

Laissons tomber la Politique, parlons stratégies.

Il y avait 4 lignes possibles pour le MoDem

  1. Alliance systématique avec la Droite. Cette solution était totalement exclue pour la survie du parti. Il faut bien comprendre que dans de nombreuses fédérations sections, il y a une opposition entre les nouveaux adhérents, issus en majorité du PS, et les anciens, les fidèles de l'UDF. Les nouveaux, pour la plupart sont là plutôt par rejet du PS et croient en une Politique Neuve. Une alliance avec la Droite aurait déclenchée un réflexe pavlovien chez eux. Implosion du parti : les nouveaux au PS, très peu d'anciens UDF, aucun cadre en tout cas, ils sont parti à l'UMP.
  2. Alliance systématique avec la Gauche. Celle-ci aurait pu marcher, la crainte de voir partir les leaders de l'UDF n'ayant plus lieu d'être. Quelques explications tarabiscotées auraient pu faire l'affaire : Sarkozy le méchant, nécessité de contre-pouvoir, état de faiblesse passager du MoDem, alliance temporaire sur une base bien précise. Ça aurait même être pu jouer assez finement je pense : le MoDem se présente partout où il le peut au premier tour — pour garder une illusion d'indépendance — et le moins de fusions possibles pour le second tour, tout en promettant de soutenir le PS dans les villes où l'UMP arrive en tête.
  3. Ligne d'extrême-Centre. La plus limpide à mon avis, le plus de listes indépendantes au premier tour, aucun accord au second tour. Bien sûr le MoDem n'aurait siégé que dans peu de conseils municipaux, mais on ne le traiterait pas de pute. Je me plais à imaginer qu'il aurait peut-être même obtenu plus de voix que ce qu'il vient de faire pour être resté fidèle à un idéal. La multiplication des listes locales aurait peut-être permis aussi l'émergence d'une nouvelle génération de "cadre" dont le Mouvement Démocrate va affreusement avoir besoin pour soutenir son ambition. Quand on voit les déchirements du MoDem à Lyon, les paris plutôt raté de Marielle de Sarnez, de Jean-Luc Bennahmias, et surtout la défaire de François Bayrou à Pau, on se dit qu'autant n'avoir que quelques piécettes, autant avoir la vertu qui va avec. Le MoDem n'est pas le Nouveau Centre tout de même...
  4. Alliances à Droite et à Gauche On voit ce que cela a donné, peu de résultats électoraux, une image déplorable. Une explication franche sur les tiraillements internes du MoDem, et la nécessité d'avoir des élus pour se placer dans l'action — contrairement à la LCR, par exemple — auraient pu donner une crédibilité que les excuses de vierges effarouchées qui ne trompent personne.

Les vraies échéances pour le MoDem sont les élections européennes de 2009. S'il n'arrive pas à faire entendre sa voix sur son sujet de prédilection, alors ce sera la fin de l'aventure. Et ces élections pourront être passionnantes — et passionnées. Le MoDem, avec la création du PDE, sera peut-être un des rares partis à présenter un programme trans-frontalier, avec les « partis frères », voilà une ambition tellement plus intéressante, tellement plus grande, que l'on ne peut regretter les petits arrangement pathétiques des municipales.