Le spleen du dimanche soir
Par Celui le lundi 30 juin 2008, 00:43 - /lost+found - Lien permanent
Par la fenêtre,
Un gros chat noir se glisse le long des murs et disparaît dans une haie.
Un néon, usé, d'un enseigne commerciale sent poindre la fatigue, il clignote.
Le tramway dépose un couple qui s'embrasse dans la nuit. Elle frissonne, il la serre un peu plus fort.
Le voisin gameur, est hypnotisé par son écran, comme tout les soirs, qui projette des lueurs fantasmagoriques sur la façade.
La sono d'une voiture déchire le silence oppressant.
Les passants solitaires me renvoient ma propre image.
Il est minuit trente, la journée s'achève et les angoissent surgissent. Les démons que l'on peut enfermer de jour, les non-dits, les actes manqués, les inquiétudes enfouies, vont ressurgir, je les sens déjà. Cette nuit, ce sera la valse des monstres.

Commentaires
Comme quoi, devant un paysage de ville, la nuit, c'est ce que l'on a en soi qui ressort.
Vu d'une longue baie vitrée, circulaire, un paysage comme celui d'Ixelles, quelques passants, un tram, une voiture, des fenêtres allumées, rien de plus paisible. Rien, en somme. Le calme et le vide sont propices à l'expression, à la projection... Avec un peu de bonne humeur, ou de compagnie, ce peut être le délice de quelques sons. Quand l'angoisse guette, elle y trouve un magnifique terrain.
Joli texte au passage...
@versac, c'est justement ce côté paisible qui rend le paysage si dur, parce que j'aspirais hier soir à ce calme. L'idéal était sous ma fenêtre, et j'étais incapable de le saisir me laissant seul face à mes démons, torturé.
Les soirs où le spleen vous menace, venez donc dîner chez nous
Le spleen n'en est pas absent, mais Nico cuisine de sublimes pâtes...
Et bon
le spleen a ses à côtés positifs
il permet de changer de registre dans l'écriture
et de se demander "et je veux quoi, moi ?"
non ?
Amitiés,
Christie
Ce ne sont pas les dimanches soirs qui sont en question mais plutôt les lundis matins !