Griffonnages

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lundi 14 janvier 2008

J'en trépigne

Nous savions déjà que le dessin et la couverture étaient finis. Nous savons dorénavant, par la lecture du blog site perso de Manu Larcenet, que les couleurs le sont aussi.

Le combat ordinaire, Les quantités négligeables, Ce qui est précieux, et enfin Planter des clous. J'aime bien cette gradation. L'image que publie Manu Larcenet, a priori les dernières cases, vont dans le même sens : la série finit là où elle avait commencé, chez le psy.

Mais avec le sourire.

dimanche 16 décembre 2007

Siegfried

Couverture du tome 1 de Siegfried d'Alex Alice

Je viens de finir Siegfried, le premier tome de la nouvelle trilogie d'Alex Alice, surtout connu pour le dessin du fantastique Troisième Testament, inspirée par Wagner et les légendes nordiques. Fafnir s'est emparé de l'Or et peut défier Odin le plus grand des dieux. La destinée de Siegfried, elevé par Mime, est de tuer la créature qui se fait ronger par l'Or et de retourner à son peuple, les Hommes.

J'ai adoré.

Pourtant c'était mal parti. Alex Alice avait réussi, ce dont peu de dessinateurs peuvent se venter, à avoir un dessin de moins en bon, de plus en plus formaté. J'aimais la planche avec Notre-Dame dans le T1, cette créativité se perdait progressivement dans les autres tomes. En feuilletant chez mon libraire préféré, j'ai ouvert à la planche 5, une désagréable sensation de déjà-vu, tome 4 du Troisième Testament. Puis j'ai continué, j'ai tourné les pages, vu quelques jolies courbes, et surtout, une composition remarquable ; l'histoire était pliée, la BD achetée.

La planche 5 : Planche 5 du Premier tome de Siegfried par Alex Alice

Puis on rentre dans un pays fantastique dont les mythes sont les gardiens. On est pris, incroyablement pris. Alex Alice donne vie aux personnages, aux animaux et aux décors. J'aurais plein de chose encore à en dire. La fantastique planche 69, par exemple, ou alors que l'on ne peut plus dire d'Alex Alice que son dessin régresse, la seconde case de la planche 67, la patte de Mathieu Lauffay (planche 7 ?) ou celle de Guarnido, dessinateur de Blacksad (Mime ?), la retenue (preuve de maturité) et la composition, le mouvement...

Je dis simplement que j'en ai loupé ma station de métro, je m'étais évadé. C'est le meilleur compliment que je puisse faire.

mercredi 28 novembre 2007

Rôle de l'artiste ?

Première de couverture du Sourire du clown, tome 1J'avais déjà fait état d'une coïncidence entre la parution du dernier album studio de Noir Désir, des visages des figures, avec les attentats du 11 septembre. Coïncidences pour certains, prémonition pour d'autres. On peut aussi se demander s'il n'y avait pas là une expression artistique forte : ce groupe terriblement militant, effroyablement en phase avec le monde. Un peu comme si une catastrophe sur l'Occident flottait dans l'air et que seuls les artistes pouvaient capter. Leur job.

Seconde pierre à ma théorie, ce qui se passe dans les banlieues d'un côté, Luc Brunschwig d'un autre. C'est un scénariste de bandes dessinées, un mec brillant, fin, qui donne profondeur et réalisme à ses personnages. Je l'ai découvert avec Le pouvoir des innocents, eu confirmation avec L'esprit de Waren. Actuellement, il travaille sur plusieurs projets, entre autres, La mémoire dans les poches et Le sourire du clown. Ces livres-ci partagent le thème des enfances difficiles, précaires aux usa ou en France. Première de couverture du Sourire du clown, tome 2 Des enfants jamais abandonnés qui trouvent toujours sur leur chemin une âme secourable (rarement de vrais idéalistes, pas toujours aussi efficaces qu'ils le souhaiteraient, avec des moyens parfois douteux : des humains, quoi) et une chance dans la vie. En France, c'est dans les banlieues qu'elle prend place avec des djeuns. Dans Le sourire du Clown, la cité est un plus qu'un cadre, c'en est presque un personnage. On y voit avant tout des vies, tragiques ou heureuses, banales ou extraordinaires, mais aussi l'embrasement de la cité, des cocktails molotov contre les keufs et des bandes (plus ou moins) organisées. Le premier tome a paru à l'automne 2005, le second il y a quelques jours. C'est vraiment dans l'air du temps, et je n'y vois aucun opportunisme. (Un troisième tome est prévu)

Les services secrets devraient sérieusement penser à augmenter leurs budgets de mécénat.