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Tag - Barack Obama

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mercredi 5 novembre 2008

Un je-ne-sais-quoi de plus qu'un landslide ordinaire

Alors que les Belges, ces prolos, s'étaient donné rendez-vous à la maison communale de St Gilles, les Américains, pour qui la crise financière n'est visiblement pas encore parvenue jusqu'à Bruxelles, ont investi les palaces de la ville. Pour vous faire vivre cette soirée électorale le maitre des lieux s'est installé au Mariott à deux pas du Parlement Européen. Ne reculant devant aucun sacrifice, il portait un costume afin de ce fondre dans la foule. Ça mérite d'être rapporté.

Et il y avait beaucoup de monde, des Américains, certes, mais aussi des journalistes de tous les médias belges, de nombreuses personnes du Parlement Européen ou de la Commission, et des cabinets de conseils. Ça parlait beaucoup anglais mais aussi français, allemand, espagnol, polonais…

Si de 22H à minuit, votre reporter préféré s'est plutôt ennuyé comprimé dans la masse ne pouvant pénétrer dans la Grande Salle ou des débats firent intervenir une brochette d'officiels en vue comme le correspondant américain aux Nations Unies, les premières annonces de résultat vers minuit sur CNN ont provoquées un exode massif des, disons, touristes. Il fut alors possible de respirer et boire à la santé des Américains. Fait étonnant à Bruxelles qui mérite d'être souligné, c'est la Bud' qui coulait à flots.

Si la majorité s'affichait clairement démocrate, brocardant des goodiesaux effigies de Barack Obama, Joe Biden et Hillary Clinton aux revers de leur veste qu'ils venaient préalablement d'acheter à la boutique improvisée à l'entrée, il n'en reste pas moins qu'un certain nombre, s'il n'y croyait pas vraiment, espérait la victoire du couple Mc Cain / Palin, sans faste excessif, préférant, ce couple-là être habillé tout de rouge, celui-ci se masquer du sourire glacial des perdants. Seule exception, un homme, la cinquantaine bien pesé canvassant la foule, une pancarte « Mc Cain Palin » autour du cou à la recherche de regards amicaux qui tardèrent à venir.

Ce qui frappe, donc, ce sont les codes vestimentaires ; il n'est pas trop difficile de se rendre compte que cette soirée n'est pas simplement un point de ralliement des Américains perdus sur le Vieux Continent, c'est une véritable soirée mondaine : les hommes ont sorti leurs plus beaux costumes, accordés leurs cravates en conséquence ; les filles, leurs robes de soirées, leurs chemisiers en soie, le maquillage en quantité et les brushing brillants. Plus qu'une simple accrétion d'Américains comme on peut le voir lors de certains événements sportif, cette soirée portait un je-ne-sais-quoi de plus, que certains appellent l'Histoire.

Il fut noté avec une grande attention un jeune homme vêtu de rouge, qui, réalisant sa bévue, arborait un badge géant “Obama, Vote for Change” et le tshirt de Kaem supportant le ticket “Santos — McGarry”.

Agglutiné devant l'écran géant télédiffusant CNN aux effets techniques un peu trop voyants, chaque victoire en faveur d'Obama était ovationnée — même les plus infimes comme lorsque après n'avoir dépouillé qu'un seul comté du Texas le héros du soir se retrouve en tête. On regrettera cependant les rares sifflets s'opposant à John Mc Cain, après tout, le Meriott n'est pas le Stade de France. L'incertitude régnant en Indiana et en Virginie, il fallut attendre les premiers résultats de l'Ohio pour troquer la bière contre le champagne et sentir l'ambiance s'apaiser un peu.

Sinon ce matin, il y eut à l'aube un petit déjeuner très formel organisé par l'ambassade américaine, mais celui qui essaya en vain de nouer des accointances afin de figurer sur la short list de ces happy few n'y parvint pas. Il faut donc ce contenter de rapports édulcorés des journalistes.

L'hôte de ces lieux avoue avoir eu très envie de rester jusqu'au petit matin, afin de clamer qu'il ait passé une nuit dans un hôtel à 875€ la nuit et s'être twitté au champagne, mais l'amour de la science fut plus fort.

jeudi 21 février 2008

Le vote geek

Après le vote noir, le vote hispanique, le vote gay, le vote juif, le vote religieux, le vote liberal, voici le vote geek. Barack Obama l'a compris.

Barack Obama, sorting

lundi 14 janvier 2008

Caricature

Peut-être me trompe-je, puisque je ne connais pas les chiffres, mais il me semble que Barack Obama fait consensus parmi les français. Si nous pouvions voter, il serait notre président des États-Unis d'Amérique. En revanche, je suis sûr de ne pas me tromper en disant que notre président des USA serait Démocrate.

Et cette uniformité à le voir comme l'homme dont l'Amérique a besoin me dérange.

Elle me dérange car il est étonnant de voir les Français unis sur un thème politique, concilier l'inconciliable.

Elle me dérange car l'on ne connaît finalement que peu son programme. Les médias français sont avares de ce point de vue-ci.

Il ne serait que trop aisé de mettre cela sur le dos de cette chimérique pensée unique.

Il est probable qu'objectivement les Français s'inclinent naturellement du côté libéral, loin de moi l'idée de nier un ciment commun.

Ce qui me dérange, c'est que ce choix in fine soit celui des médias. Nous désirions un anti-Bush, ils nous ont servi Obama.

Ce qui me dérange encore plus, est que cet attachement à Obama est du à sa personne. Il est Noir, il est Jeune, il est Démocrate, il est Nouveau. Toute ressemblance avec le début en fanfare de la campagne de Ségolène Royal est évidemment fortuite. Et il n'est donc pas étonnant de voir des personnes qui nous ont rabâché lors de la campagne française que le fond prime, (« le fond seul est important, et non rien d'autre que le fond ne doit rentrer en ligne de compte, le fond, le fond !!! ») se ranger derrière Obama avec un argumentaire lapidaire : il est démocrate, il est de la nouvelle génération.

Je crois pour ma part que nous devrions un peu plus nous pencher sur le cas Giuliani, et qu'il n'est pas sûr que ce que nous pourrions y découvrir soit si désagréable ; que les Républicains ne sont pas que des ayatollahs pro-guerre, anti-avortement, créationnistes, ultrasécuritaires, débiles, impériaux et fanatiques.

Il n'est jamais bon de voir d'un partenaire sa caricature, il est temps d'ouvrir les yeux.