Je n'ai pas l'habitude de passer beaucoup de temps sur les blogs MoDem. Ce n'est pas là que j'ouvre mes horizons. Ce week-end pluvieux fut une exception. Et le restera.
On y trouve beaucoup de moutons. L'exemple frappant est à propos de la
pluralité des candidats aux élections américaines. Un billet a été écrit et il
est apparu sur de nombreux blogs, plusieurs fois reformulé, mais jamais
différent. À mon tour de réécrire : Mardi les électeurs américains auront
le choix, non pas entre 2 candidats, ni même 3, mais 18 ! Parce que
François Bayrou est pour le pluralisme, contre le bipartisme, et que le
MoDem l'UDF s'est battue pour exister en 2007, et par esprit de
cohérence, il faut mettre l'accent sur ces autres candidats. Mais c'est le
niveau 1 de l'anaylse politique ça ! Seuls Obama, Nader et Mc Cain ont
fait campagne dans les 50 états. Les autres ne se présentant pas partout. Dès
lors, ils ne sont plus des candidats nationaux. Ensuite, le fait qu'il y ait
des primaires où tous les américains peuvent voter — et pas seulement ceux
encartés — concoure justement à ce pluralisme. Si cette année, les différences
entre Clinton et Obama n'étaient pas flagrantes, on ne peut pas en dire autant
pour le parti républicain. La comparaison est certes grossière, mais nos 2
tours, aux USA, ils sont séparés de 4 mois…
On y trouve aussi des éclopés, tous de l'œil droit. Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu une seule critique positive sur Nicolas Sarkozy. Venant des gens « et, et » qui prônent une presqu'Alliance Nationale dont ils seraient les piliers, un tel aveuglement sur les capacités de nos partenaires est suicidaire. À ces lectures, il semble évident que les blogueurs oranges tirent sur le rose. Solidarité des perdants, des médiocres ? Pourtant, quelle est confortable la situation actuelle, quelle prétention avons nous ! Le MoDem se pose en arbitre distribuant les bons et les mauvais points. Mais j'ai peur que l'arbitre soit vendu.
On y trouve beaucoup trop de bons sentiments. C'est tellement vrai que je ne pense pas avoir besoin d'argumenter.
Je comprends les billets d'humeur et de pathos, je comprends sans problème les billets de mauvaise foi, je comprends les billets de caricature, les billets d'aubaine… s'ils sont balancés par une vision fine, sans tabou, mais surtout juste de la situation actuelle. Un billet partisan — et c'est un des buts de ces blogs — ne peut s'appuyer que sur cette base.
J'attends de trouver cet équilibre à l'échelle de la “modemosphère” et pas nécessairement pour chacun des blogs.
Mais il n'y est pas. Ce ne sont pas les moutons bouffis de bons sentiments qui vont faire changer les lignes.
Jusque à présent, la mécanique de
l'information était une machine assez bien huilée, et nous pouvions la voir en
marche pour chaque événement important. Premier temps : reprise immédiate
de la dépêche AFP. Il doit en aller de la survie du journal d'annoncer la mort
de Soljenitiyne quelques secondes avant les concurrents. Le second temps est
celui de l'écriture du premier article, celui que l'on peut signer, ultra
formaté, avec la réutilisation de morceaux déjà écrit précédemment. Surtout
pour les nécrologies où tout est déjà prêt : il n'y a qu'à copier/coller,
inscrire la date du décès et remplir le champ « cause du décès ».
Troisième temps, celui de l'analyse, se passe sur les blogs et dans les
journaux spécialisés. C'est celui où l'on ne voit pas que des dates et des
faits qui s'enchaînent dans l'ordre chronologique.