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Tag - Maljournalisme

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lundi 4 août 2008

Soljenitsyne en "une" du Monde.fr

Alexandre Soljenitsyne Jusque à présent, la mécanique de l'information était une machine assez bien huilée, et nous pouvions la voir en marche pour chaque événement important. Premier temps : reprise immédiate de la dépêche AFP. Il doit en aller de la survie du journal d'annoncer la mort de Soljenitiyne quelques secondes avant les concurrents. Le second temps est celui de l'écriture du premier article, celui que l'on peut signer, ultra formaté, avec la réutilisation de morceaux déjà écrit précédemment. Surtout pour les nécrologies où tout est déjà prêt : il n'y a qu'à copier/coller, inscrire la date du décès et remplir le champ « cause du décès ». Troisième temps, celui de l'analyse, se passe sur les blogs et dans les journaux spécialisés. C'est celui où l'on ne voit pas que des dates et des faits qui s'enchaînent dans l'ordre chronologique.

Mais aujourd'hui, sur lemonde.fr, la mécanique s'est inversée.

Après la reprise de la dépêche, la Une était le billet Une dernière journée dans la vie d'Alexandre Soljenitsyne du blog de Pierre Assouline (plateforme lemonde). Ce billet est resté plusieurs heures avant l'apparition de l'article Alexandre Soljenitsyne, écrivain et héros de la dissidence russe, véritable article. Le billet de Pierre Assouline a permis au journal d'éviter la phase de médiocrité inhérente au fonctionnement actuel des journaux : toujours premier sur l'info, quitte à écrire n'importe quoi.

Bien sûr, ce n'est pas la première fois que lemonde.fr complète ses articles avec des liens directs sur les blogs de sa plateforme. Quatre ou cinq blogs (Pierre Assouline, Francis Pisani, Pascale Robert-Diard,…) avaient déjà eu cet honneur. Mais avoir la une pendant deux heures, il y a là une évolution bienvenue.

Je n'ai jamais vraiment compris les objectifs du post.fr, mais à la vue de la synergie qui se développe entre le journal et sa plateforme de blog, je ne peux que me perdre dans un océan de perplexité sur l'intérêt de permettre la diffusion de ça.

(Photo sous licence GFDL)

jeudi 3 juillet 2008

Les journaux sans Betancourt

Ça ressemble à ça (Le figaro, Le Monde et Libération)

LeFigaroSansBetancourt.png LeMondeSansBetancourt.png LibeSansBetancourt.png

Et c'est donc, sans trop de surprise, Le Figaro qui gagne dans la quantité de pathos. (Et encore, c'était pire à la mi-journée, mais je n'ai pas pensé à faire les captures)

(Attention, si vous cliquez sur les images, elles sont lourdes)

Ajout 4/07 12:15, Libé et le figaro continuent de titrer là-dessus, le Monde est passé à autre chose.

lundi 4 février 2008

QOTD

Et c'est encore le Monde qui s'illustre :

Nicolas Sarkozy doit beaucoup aux Brigades rouges. Sans les menaces terroristes et la psychose des enlèvements qui ont traumatisé l'Italie au début des années 1970, rien n'aurait dû pouvoir troubler l'existence dorée des Bruni-Tedeschi.

Vous pouvez compter sur lui, il ira les remercier.

mardi 8 janvier 2008

Fantasmes de journaleux

La première fois que son nom [Kenneth McKenzie Wark] a circulé à Paris, c'était à la République des blogs. Le rendez-vous est devenu une quasi-institution, pour tout ce que le Net français compte de blogueurs politiques et de citoyens journalistes. Dans un café parisien, ou depuis peu en province et en Belgique, ceux qui ne débattent ordinairement que dans le virtuel, sans se voir ni vraiment se connaître, ont pris l'habitude de se retrouver aussi autour d'un verre une fois par mois dans la vraie vie.

[Le Monde : Kenneth McKenzie Wark, le gourou des hackers ]

Comme le disent en cœur Versac et Le Capitaine, c'est vraiment n'importe quoi.

Un jour il faudra éditer un fascicule à l'adresse des journalistes pour démystifier le web 2.0 aux journalistes.

Ajout 12:07 : Exactement dans la même lignée, Authueil argumente dans Plus c'est gros, plus ça marche.

dimanche 21 octobre 2007

Le Monde ne change pas

Logo Le Monde (lemonde.fr)

Je me demandais comment Le Monde allait réagir aux propos de Sarkozy. Avec une hauteur et une pédanterie qui sont l'apanage de ce journal.

À l'heure actuelle, il n'y a pas en première page du Monde d'article sur l'accord européen. Je ne peux pas en dire autant du divorce du couple présidentiel.

lundi 8 octobre 2007

Nobel et maljournalisme

Alfred NobelAprès les IG-Nobel la semaine dernière, ce sont au tour des véritables prix Nobel cette semaine. C'est un des rares moments de l'année où l'on parle un peu de vraie science dans les journaux sérieux. (non, n'allez pas sur libe.fr, il n'y a pas d'article sur le prix Nobel ; d'ailleurs, il n'y a même pas de rubrique Sciences sur leur site.)

Ainsi donc, cette semaine les journaux vont parler science, mais aussi littérature, économie et paix.

Il est à prévoir que cette année encore, les journaleux commenteront l'omniprésence des américains - ou pas - et l'on pourra se morfondre des tentatives de vulgarisation.

Dans certains journaux, le journaliste, n'y comprenant strictement rien, se bornera à répéter des phrases du genre : Monsieur X, américain, a été récompensé, pour ses travaux sur la génétique de la souris. Évidement, nous n'apprendrons pas pourquoi ces personnes plutôt que d'autres alors qu'il y a des milliers de généticiens de par le monde. Dans d'autres journaux, on aura du spectaculaire, de l'invraisemblable, parce que bon, il faut vendre.

Je me demande de plus en plus, si les journalistes n'abdiquent pas en pensant : de toute façon c'est trop compliqué, personne ne peut comprendre, à quoi bon m'échiner à rédiger un article. Dans ce cas précis, je conseille de changer de journaliste. Mais rassurez-vous, vous connaîtrez le taux de change de la couronne suédoise : 10 millions de couronnes, ça fait 1,09 millions d'euros. L'argent est sauf.

La grande messe scientifique réduite à de vulgaire compte d'apothicaire, si vous n'en voulez pas, il faut se tourner vers les journaux et les blogs spécialisés, où, j'en suis sûr, les tauliers vous serviront de la vulgarisation bien rafraîchissante, à consommer sans modération.

Quant à moi, puisqu'il n'existe pas de Nobel d'informatique, (soi-disant à cause d'une sombre histoire de coucherie), il faudra attendre le Turing Award 2007.

[Image dans le domaine public]

dimanche 9 septembre 2007

On nage en plein délire

À lire dans le (grand) quotidien du soir (de référence), les émules de Matrix et d'Asimov, on ressent un trouble profond, et l'on peut mesurer les déchirures causées par certaines philosophies.

Est-il si compliqué de voir la différence entre un humain et un robot ? Entre le Sacré et le Monstre ? Entre le vivant et l'électrique ? Entre le programmeur et le programmé ? Sommes nous devenus aveugle à ce point là ? Le droit de l'hommisme et l'égalitarisme forcené, comme tous fanatismes, débouchent sur un ogre nouveau.

Quel besoin malsain avons-nous de vouloir faire des robots à notre image ? Avons-nous tant besoin d'un nouveau Babel ? Notre rédemption passe-t-elle nécessairement par une meurtrissure irrémédiable de l'espèce humaine?

Renonçons haut et fort à l'hybridation de l'espèce humaine ; renonçons haut et fort à l'humanisation des machines, deux aspects du même mal. L'heure du Jihad Butlérien se rapproche. Acceptons d'avoir confiance en nous, en l'Homme ; ayons foi en nos limites ; avançons !

(Ps : Le C.P.U. de mon ordinateur commence à se faire vieux, la sécu rembourse-t-elle une greffe ?)