Griffonnages

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lundi 25 février 2008

-15%, 2 liens

Blogizmo : fumisterie

Prétendre que depuis le 2 janvier 2008, date d'entrée en vigueur prohibant la cigarette dans les cafés, hôtels, restaurants et discothèques (CHRD), les maladies cardiovasculaires ont reculé en janvier 2008 de 15 % par rapport aux mois de janvier 2007 et 2006 est une escroquerie intellectuelle.

Le blog des bactéries et de l'évolution : Tabagisme passif et risque d'infarctus : nous prend-on pour des demeurés ?

Il n'est pas incroyable que la récente interdiction de fumer dans les lieux de convivialité diminue le nombre d'infarctus, n'en déplaise au fumeurs. C'est possible, et même probable, puisque l'on a en main les chiffres, les expériences et la théorie qui permettent de l'expliquer, donc plus qu'une simple corrélation. Tout cela est bien documenté, publié. (...) Non, on ne nous pend pas pour des demeurés, ces chiffres sont cohérents avec l'état des connaissances scientifiques et avec les résultats observés dans d'autres pays. Le tabac a aussi des effets à court terme

vendredi 14 décembre 2007

Mon sujet, c'est ici

Comme funnyface, je trouve qu'énoncer le sujet de ma thèse en société, ça ne se fait pas. Ça relève de la vulgarité et de la prétention. (et en plus, il n'y a pas Foucault dedans). Mais les gens sont curieux, ils insistent Allez, Celui, dis-moi le sujet de ta thèse, alors je suis obligé d'assurer mes arrières Es-tu bien sûr que tu veux le savoir ?. Là j'espère voir poindre une lueur de doute, mais ma question a toujours l'effet inverse : Bien sûr que je veux savoir !

Erreur fatale, blue screen of the death, Et c'est sur moi que ça retombe, les gens attendent des explications, de la vulgarisation, comme si je n'avais pas dit assez de gros mots comme ça.

Dorénavant, j'ai la solution, je répondrai va voir sur mon blog, y a la réponse C'est le niveau 1 de la pédagogie, mais ma vie sociale est à ce prix-là.

Je fais de la cryptographie, c'est-à-dire coder des messages, les envoyer, les décoder. Le truc important, c'est qu'un espion, s'il a le message codé ne puisse pas le décoder. C'est pour ça que vous pouvez commander mes cadeaux de noël sur Internet sans (trop de) risque.

Mais voilà, il y a une saloperie, il y a un théorème d'impossibilité. C'est un théorème qui commence par Il est impossible de ; et dans mon cas c'est Il est impossible de faire un protocole de cryptographie inconditionnellement sûr. Au jeu du chat et de la souris, il est impossible à la souris de trouver un endroit sûr. Ça m'emmerde pour mes cadeaux.

Donc ce qu'on cherche, c'est un protocole où pour l'espion (que l'on appelle Ève entre nous) il soit très difficile de décoder le message. C'est à dire que le problème décoder le message soit compliqué. Ça un vrai truc d'informaticien, on a des milliers de problèmes qu'on passe notre temps à trier, à ranger, à classer. Et des classes de problèmes, nous en avons à revendre. Il y a en tellement, un bestiaire impressionnant, qu'il existe même un zoo. Il y en a pour tous les goûts : des classes de problèmes extrêmement simples aux plus ardus.

Les deux classes les plus connues répondent incontestablement aux doux noms de P et de NP. Dans P il y a les problèmes pas trop durs, dans NP des problèmes (que l'on croit) difficiles. La question la plus fondamentale aujourd'hui en informatique, c'est de démontrer que PNP.

Une immense partie de la cryptographie actuelle est basée sur un algorithme qui s'appelle RSA (trouvé par Rivest, Shamir et Adleman). Le problème qu'Ève doit résoudre pour espionner la conversation est dans NP. C'est sacrément compliqué pour elle de le faire, même si ce n'est pas impossible.

Un exemple ? Si je vous dit que 159623548 x 5597469526 = 893487945561998248, vous prenez votre calculatrice pour vérifier, c'est facile, la multiplication est dans P. Maintenant, je vous demande de trouver deux nombres à 10 chiffres tels qu'en les multipliant vous obtenez 893487945561998248, c'est une autre histoire, c'est compliqué, c'est dans NP. C'est sur principe que reposent les algorithmes modernes. (À la différence près qu'au lieu d'utiliser des nombres de 10 chiffres, on utilise des nombres de plusieurs centaines de chiffres)

Mais voilà, en 1994, Peter Shor a montré que si Ève avait un ordinateur quantique, alors elle peut facilement écouter les conversations. Un chat avec un ordinateur quantique, c'est un chat qui coure plus vite. Il ne fait rien de magique, rien de plus que ce qu'il pouvait faire avant, il le fait juste plus vite. Donc ce que j'essaye de faire, c'est de trouver un protocole, mieux qu'RSA (en tout cas sur le papier) où Ève, même avec un ordinateur quantique, ne puisse pas écouter la conversation.

Dit comme ça, on dirait que je ne sais pas trop où je vais. C'est faux. Il y a rarement quelque chose de fondamentalement nouveau en recherche. Je joue au Légo, j'assemble des briques qui existent déjà, mais à la Celui, j'utilise de vieux outils, même si personne ne les utilise de cette manière. C'est ce qui continue de m'émerveiller, chaque fois que j'ajoute un élément, çà me donne une idée de comment continuer. De temps en temps, il faut casser un bout pour le reconstruire différemment, mais la maison immanquablement prend forme.

Quand on y réfléchis bien, je ne suis qu'un gamin qui continue de jouer au Légo, pour que vous puissiez continuer vos activités d'adultes qui nécessitent le secret. À chacun sa place, et j'aime la mienne.

Ça fait une bonne introduction pour ma thèse, non ?

lundi 8 octobre 2007

Nobel et maljournalisme

Alfred NobelAprès les IG-Nobel la semaine dernière, ce sont au tour des véritables prix Nobel cette semaine. C'est un des rares moments de l'année où l'on parle un peu de vraie science dans les journaux sérieux. (non, n'allez pas sur libe.fr, il n'y a pas d'article sur le prix Nobel ; d'ailleurs, il n'y a même pas de rubrique Sciences sur leur site.)

Ainsi donc, cette semaine les journaux vont parler science, mais aussi littérature, économie et paix.

Il est à prévoir que cette année encore, les journaleux commenteront l'omniprésence des américains - ou pas - et l'on pourra se morfondre des tentatives de vulgarisation.

Dans certains journaux, le journaliste, n'y comprenant strictement rien, se bornera à répéter des phrases du genre : Monsieur X, américain, a été récompensé, pour ses travaux sur la génétique de la souris. Évidement, nous n'apprendrons pas pourquoi ces personnes plutôt que d'autres alors qu'il y a des milliers de généticiens de par le monde. Dans d'autres journaux, on aura du spectaculaire, de l'invraisemblable, parce que bon, il faut vendre.

Je me demande de plus en plus, si les journalistes n'abdiquent pas en pensant : de toute façon c'est trop compliqué, personne ne peut comprendre, à quoi bon m'échiner à rédiger un article. Dans ce cas précis, je conseille de changer de journaliste. Mais rassurez-vous, vous connaîtrez le taux de change de la couronne suédoise : 10 millions de couronnes, ça fait 1,09 millions d'euros. L'argent est sauf.

La grande messe scientifique réduite à de vulgaire compte d'apothicaire, si vous n'en voulez pas, il faut se tourner vers les journaux et les blogs spécialisés, où, j'en suis sûr, les tauliers vous serviront de la vulgarisation bien rafraîchissante, à consommer sans modération.

Quant à moi, puisqu'il n'existe pas de Nobel d'informatique, (soi-disant à cause d'une sombre histoire de coucherie), il faudra attendre le Turing Award 2007.

[Image dans le domaine public]

jeudi 4 octobre 2007

Brèves plus ou moins scientifiques

  • Ce soir aura lieu la cérémonie des IG Nobel Awards. Je me dit que si je veux vraiment un prix, celui-ci doit être à ma portée.
  • Il y a 50 ans, Spoutnik 1, il y a quelques jours Dawn. Quand j'étais môme, je voulais être astrophysicien, puis un jour, j'ai commencé à étudier la Relativité, fin du rêve. Alors je garde la tête dans les étoiles comme je peux.