
Je viens de finir Siegfried, le premier tome de la nouvelle trilogie d'Alex Alice, surtout connu pour le dessin du fantastique Troisième Testament, inspirée par Wagner et les légendes nordiques. Fafnir s'est emparé de l'Or et peut défier Odin le plus grand des dieux. La destinée de Siegfried, elevé par Mime, est de tuer la créature qui se fait ronger par l'Or et de retourner à son peuple, les Hommes.
J'ai adoré.
Pourtant c'était mal parti. Alex Alice avait réussi, ce dont peu de dessinateurs peuvent se venter, à avoir un dessin de moins en bon, de plus en plus formaté. J'aimais la planche avec Notre-Dame dans le T1, cette créativité se perdait progressivement dans les autres tomes. En feuilletant chez mon libraire préféré, j'ai ouvert à la planche 5, une désagréable sensation de déjà-vu, tome 4 du Troisième Testament. Puis j'ai continué, j'ai tourné les pages, vu quelques jolies courbes, et surtout, une composition remarquable ; l'histoire était pliée, la BD achetée.
Puis on rentre dans un pays fantastique dont les mythes sont les gardiens. On est pris, incroyablement pris. Alex Alice donne vie aux personnages, aux animaux et aux décors. J'aurais plein de chose encore à en dire. La fantastique planche 69, par exemple, ou alors que l'on ne peut plus dire d'Alex Alice que son dessin régresse, la seconde case de la planche 67, la patte de Mathieu Lauffay (planche 7 ?) ou celle de Guarnido, dessinateur de Blacksad (Mime ?), la retenue (preuve de maturité) et la composition, le mouvement...
Je dis simplement que j'en ai loupé ma station de métro, je m'étais évadé. C'est le meilleur compliment que je puisse faire.
