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Tag - Union Européenne

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mercredi 18 juin 2008

La lisibilité de l'Europe

Je suis d'accord avec Authueil, l'Europe n'est pas lisible. Non, sérieux, vous vous rendez compte le nombre d'institutions qu'on a en Europe :

  • le Conseil de l'Europe
  • le Conseil de l'Union européenne
  • le Conseil européen
  • la Commission
  • le Parlement européen de Strasbourg
  • la Banque Centrale Européenne
  • la Cour Européenne des droits de l'Homme (conçue par Richard Rogers, je comprends ensuite qu'on aime pas l'Europe)
  • la Cour des comptes européennes
  • le Parlement Européen de Bruxelles
  • la Cour Européenne de Justice

C'est vrai en France, on a quoi, un parlement, un sénat, un conseil constitutionnel, une banque centrale, un conseil d'état, une présidence, un gouvernement, une cour des comptes, c'est vachement moins impressionnant.

La facilité, ou plus exactement, la démission de l'intelligence comme le dit Eolas, c'est de tout mettre dans le même panier, d'apposer le mot Europe sur tout ça.

L'Union est un projet à histoire mouvante, on essaye un peu dans un coin un petit bout de projet, et puis si ça marche on continue, d'autres pays viennent s'y greffer. Et oui, c'est vrai, l'Union ressemble souvent à un agglomérat de pays qui ne présente pas toujours une cohérence. Oui, mille fois oui, c'est absolument stupide qu'il y ait un conseil de l'Union européenne, un conseil de l'Europe et un Conseil européen, mais discréditer l'Union sur ses aspects de forme, l'est tout autant.

Simple remarque de ouiste béat, le conseil de l'Union européenne est renommé Conseil des ministres dans le traité de Lisbonne.

Je suis aussi d'accord avec Authueil sur un autre point, il faut faire l'Europe à plusieurs vitesses, parce que pour le moment, l'Europe n'est qu'un monolithe, jugeons plutôt :

  • 47 pays membres du Conseil de l'Europe
  • 27 pays membres de l'Union Européenne
  • 16 pays membres de l'Eurogroupe
  • 24 dans l'espace Schengen
  • 31 dans l'espace de libre échange économique européen
  • peut-être 42 états dans la futures Union Euro-méditerrannéene

mardi 3 juin 2008

ue2008.fr

logo ue2008.fr

Depuis hier le site de la présidence française est en ligne. Ou plus exactement une version ultra-light, qui amène cependant quelques remarques :

  • Le site sera traduit dans 5 langues, c'est mieux que celui de la Slovénie, mais cela ne me semble pas aller dans le sens de la sauvegarde et de la promotion des langues officielles de l'Union. Et pendant ce temps-là, on inscrit les langues régionales dans la constitution…
  • Le logo de la présidence fait dans le simple, mais pas le simplisme. Il est plus facile à décrypter que celui, légèrement abscons, de la présidence slovène.
  • On dispose enfin du calendrier, très chargé, et qui confirme le double langage de Nicolas Sarkozy sur l'Europe. Un exemple : « 13 et 14 juillet 2008, Paris : Sommet "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée" » Pour l'opinion publique, c'est trop compliqué d'expliquer que depuis 1995, il y a le Processus de Barcelone (EuroMed), de faire un point clair sur ses objectifs, ce qui a bien fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné, quelles sont les nouvelles lignes que Nicolas Sarkozy veut y apporter. On appelle ça Union pour la Méditerrannée, c'est tout nouveau, c'est tout beau, et ça va résoudre la « question » de l'immigration.
  • Et un gros logo vers elysee.fr, bling-bling jusqu'au bout.

mardi 29 avril 2008

De la facilité d'être eurosceptique

Billet coécrit avec Zarb

Je suis très chatouilleux sur l'Europe, je n'aime pas quand l'Union devient un épouvantail. On connaît les penchants d'une certaine gauche à vilipender la Commission, bastion inexpugnable de libéraux sans conscience, et d'une certaine droite souverainiste. Mais il y a pire, il a ces relents de chiraquisme qui traînent : le moindre progrès en France est dû à la politique ambitieuse du président et de son gouvernement, les soucis naissent à Bruxelles.[1] Le problème, c'est que la droite n'arrive pas à se débarrasser définitivement de cette manie ; l'opportunisme de Nicolas Sarkozy sur cette question me navre en permanence. Mais l'on connaît les penchants du personnage. En revanche, le voir sous plume cultivée d'Authueil est plus surprenant.

Dans son billet sur le brassage d'air de Laurent Fabius, dont l'argumentation générale me convainc dans l'ensemble, on peut lire :

Troisième obstacle, l'Europe, qui verrait d'un très mauvais œil une telle initiative. Au nom d'un certain nombre de dogmes, l'Union Européenne déteste les interventions de l'État sur les marchés. Il est aujourd'hui impossible de nationaliser, sauf risque de faillite imminente, et encore avec désengagement annoncé de l'Etat une fois que la situation s'améliore. Un fonds souverain, chargé d'intervenir au sein d'entreprises industrielles, comme un faux nez d'un État, cela n'a aucune chance de passer l'obstacle Bruxelles ! Pour ceux qui l'auraient oublié, la Norvège ne fait pas partie de l'Union Européenne, elle peut donc avoir son fond souverain.[2]

Cette dernière phrase cependant est fausse. La Norvège et l'Union, c'est un peu comme la France et l'OTAN, la non-appartenance est plus du domaine du symbole.

La Norvège fait partie de l'EEE (Accord multilatéral Islande, Liechtenstein, Norvège, UE) et est soumise à la legislation communautaire. Elle reste cependant maître de la gestion de ses ressources (pétrole, gaz, agriculture, pêche) ce qui lui permet, entre autre, de protéger son agriculture et imposer des quotas de pêche dans ses eaux pour les pêcheurs étrangers.

En matière économique - y compris pour les ventes de ses ressources - elle doit donc se conformer totalement aux avis de Bruxelles, et en particulier sur la politique de concurrence. Elle a notamment dû, comme la France, ouvrir ses monopoles d'État (électricité, gaz, transports, etc...) sous pression des normes communautaires, et ne pourrait en aucun cas fausser la concurrence dans les domaines régis par l'EEE par une intervention importante de l'État dans l'économie, par le biais de son fonds pétrolier.

Être euroscpetique c'est facile, il suffit de dire n'importe quoi. Combien de temps le positionnement de Laurent Fabius pourra-t-il encore faire illusion ?

Notes

[1] Selon moi, c'est cette attitude qui a provoqué le « non » au référendum, mais je ne rentrerai pas plus dans ce débat clos

[2] On appréciera les  « dogmes » de « l'obstacle Bruxelles » qui témoignent d'un engouement pour la question européenne

lundi 18 février 2008

L'UE et le Kosovo

Bon, je ne sais pas trop quoi penser de l'indépendance du Kosovo, je balance, je suis sensible aux arguments des 4 côtés : Serbes, Kosovard, UE régionalistes, UE nationalistes...

Il y a un étrange paradoxe balkanique : les anciennes républiques yougoslaves tentent les unes après les autres (à l'exception de la Macédoine peut-être) de devenir membre de l'UE et de reproduire, en plus complexe, le même schéma qui a échoué.

Mais c'est surtout la question de l'Union qui me touche le plus. Quelle Union voulons-nous ? Quels drames, ou quels espoirs une régionalisation apportera-t-elle ? Et lorsque l'Union aura un ministre des affaires étrangères haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. quel imbroglio si l'Union a une position et que certains pays ne la partagent pas... Cette question, absolument fondamentale, quelle genre d'organisation interne voulons-nous, devra impérativement être posée aux européennes de juin 2009. Il faudra éviter que le débat soit faussé par des visions à plus court terme, qu'une directive à la Bolkenstein envenime les débats. C'est à ce genre de condition, que nous pourrons nous rassembler autour, n'ayons pas peur des mots, d'un Projet Européen.

À lire absolument, chez les euros du village : Le Kosovo, une question européenne et le début de série de billets sur les relations entre l'ex-Yougoslavie et l'UE : la Croatie, la Macédoine, le Kosovo et le Monténégro.

Si vous avez des pistes de réflexion à me fournir ou des bons billets, les commentaires sont là pour ça. S'il-vous-plaît chers visiteurs, aidez moi à comprendre, je suis assez perdu.

jeudi 7 février 2008

Politique fiction

Nous sommes en 201x, la Commission vient de faire passer une directive ouvrant fortement les transports à la concurrence, les taxis et les trains en première ligne.

Le gouvernement français, qui souhaite faire cette réforme, mais ne sachant pas trop comment s'y prendre pour ne pas répéter l'erreur historique d'Attali/Sarkozy, accepte ce cadeau divin.

Il fait savoir qu'il planche sur la transcription en droit national de la directive européenne, que la France, malheureusement, est obligée de s'y conformer. Les chauffeurs de taxis, fort de leur précédent succès, se mettent en grève. Ils partagent, avec les autres transporteurs une capacité de nuisance phénoménale. Mais ils n'ont plus, comme ce fut le cas en 2008, la force symbolique contre le rapport Attali, ils sont cette fois-ci, bien seuls.

Taxi Parisien

Le gouvernement lâche, jusqu'aux prochaines élections, et décide de payer les amendes providentielles que Bruxelles inflige. Puis, comme le veux la longue tradition française, finalement transcrit. Mais ce n'est pas sa faute, c'est la faute de l'Europe.

Mais, évidement, les chauffeurs de taxis n'arrivent pas à négocier les rachats de licence au prix qu'ils auraient été capables d'obtenir en 2008 en profitant d'un contexte favorable : la faiblesse de Nicolas Sarkozy à l'approche des municipales. (Et puis, de toute façon, ce n'est pas au gouvernement de décider, tout à déjà été fait ailleurs, dans cette enceinte ultra libérale qu'est le Berlaymont).

La faiblesse actuelle de Nicolas Sarkozy a été mal exploitée par les chauffeurs, en lui laissant la face sauve, ils auraient pu mieux négocier que ce qui va arriver. Et les perdants seront encore une fois l'Europe, sur qui l'on se serra défaussée, mais aussi les chauffeurs de taxi. Je comprends qu'humilier de la sorte Nicolas Sarkozy est un plaisir certain, mais n'aurait-il pas mieux valu une vision à plus long terme ?

[Photo de Tuffer, sous licence CC BY-NC-ND 2.0]

dimanche 30 décembre 2007

Seuls 42% des français ont répondu à la bonne question

Selon l’Eurobaromètre du printemps dernier, seulement 38 % des Français savaient que les députés européens sont élus au suffrage universel direct et 42 % que la présidence de l’Union européenne change tous les semestres.
[Un peu de lecture sur le traité de LisbonneCoulisses de Bruxelles]

Questions :

  • Quelles modifications sur la présidence de l'UE apporte le traîté de Lisbonne ?
  • Qui préside l'UE actuellement, et dans 2 jours ? Et, très important, lors du second semestre 2008 ?

Au maximum 42 % des français peuvent répondre à la première question, un des points les plus importants des « avancés » du TCE/Traité de Lisbonne. Et après, on va continuer à me dire qu'il y eût un débat sur le fond du traité. L'Union doit avant tout être expliquée. Et je tiens, au premier rang des responsables, les hommes politiques, de droite et de gauche, qui ont eu des fonctions importantes ces 10 dernières années, pour avoir tiré la couverture à eux.

PS : Dans « ce qui a fait l'actualité en 2007 » que les chaînes télé nous passent à longueur de journée, l'Allemagne n'a jamais présidé l'Union, et parfois, après les mots traité de Lisbonne, nous avons le droit à un laconique puisque le Portugal présidait l'Union Européenne

Encore un PS : TF1 devrait faire un Qui veut gagner des millions ? spécial Europe. On rirait beaucoup, jaune, mais beaucoup. Quelqu'un a une idée pour la première question ? et celle à un million d'euros ?

samedi 15 décembre 2007

L'angoisse

Je m'angoisse pour le prochain traité européen. C'est pas pour demain, l'UE a besoin de se reposer, mais tout de même, je vois d'ici les nationalistes de tout bords argumenter :

En 2007, Nicolas Sarkozy a trahis la France en bafouant la volonté du peuple exprimée à travers un référendum on ne peut plus démocratique, on s'est fait avoir une fois, cette fois-ci, ils ne nous auront pas.

Ceux de droite rajouteront des mots clefs comme immigration et ceux de gauche ultra-libéralisme, tous s'enfonceront dans la caricature d'eux-même.

Et évidemment, ce n'est pas de cette farce rejouée dont l'Europe aura besoin. Je me dis que pour panser les plaies de 2005/2007, il va en falloir du courage, et du temps. Deux denrées dont les politiques manquent cruellement.

mercredi 7 novembre 2007

Référendum

Il existe une pensée fort répandue ses jours-ci que la démocratie directe est supérieure à celle indirecte.[1] C'est faire bien peu de cas des parlementaires dont nous sommes nombreux a réclamer un rééquilibrage de leur pouvoir. Maintenant, soit on discute avec Nicolas Sarkozy directement, soit on passe par un référendum, le pouvoir législatif étant remisé au placard.

Cependant, partons de l'hypothèse, pas tout à fait fausse,[2] qu'il existe une hiérarchie des sujets politiques et que les plus importants ne peuvent pas être mis dans les mains des parlementaires, ces cumulards, soumis au diktat des lobbyistes, entourés de secrétaires et incompétent en manière de droit ; et que seul le peuple directement doit décider.

Assurément la ratification d'un traité de l'Union Européenne rentre dans cette catégorie.

Si ce sujet mérite référendum, et pas les questions plus auxiliaires que sont les retraites, la fiscalité, la réformette des universités[3] ou l'environnement[4], c'est qu'il est réellement d'importance capitale. Alors comment imaginer que des personnes si violemment opposées au traité de Lisbonne, dont son contenu n'est absolument pas étonnant, tant il a été mainte fois annoncé et débattu lors des campagnes pour les élections présidentielles et générales, aient voté largement pour Nicolas Sarkozy puis lui aient accordé une majorité aussi large ?

En tout logique deux solutions s'offrent à nous :

  1. La position européenne de Nicolas Sarkozy et de son parti ne fut pas l'élément majeur de vote pour eux, et il existe d'autres questions plus importantes qui devraient alors, pourquoi pas, être soumises à référendums.
  2. La position claire, sur cette question européenne, de Nicolas Sarkozy est un facteur de son succès électoral, il n'y a pas à y revenir dessus à moins de vouloir sciemment polluer le débat européen avec des question des politiques internes.

Ce traité a perdu de sa splendeur et son caractère symbolique, ce qui le rendait différent des autres pour prendre une place normale au milieu des autres traités européens, dans la filiation directe d'Amsterdam et de Nice... en attendant le suivant. La voie normale, démocratique, parlementaire a donc toute légitimité.

Notes

[1] Pauvre article 3 on essaye de t'enterrer alors que le Comité Balladur ne t'a même pas touché

[2] d'où l'existence du Congrès

[3] qui ne méritent que grèves

[4] qui ne mérite qu'un Grenelle

mardi 23 octobre 2007

Traités simplifiés européens

Drapeau de l'Union européenne Je découvre, via Pascal dans les commentaires d'embruns, à quoi devraient ressembler les deux traités qui sont à la base de l'Union Européenne (le traité sur l'Union Européenne et le traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne - auparavant appelé traité instituant la Communauté Européenne) en incluant les modifications successives : traité de Nice, d'Amsterdam et celui de Lisbonne, le traité modificatif, celui que Nicolas Sarkozy appelait il y a quelques semaines encore Traité simplifié.

Ces versions consolidées, qui n'ont aucune valeur officielle, ont été réalisées par Marianne Dony, directrice de l'Institut des Études Européennes, le tout se trouve en ligne sur le site de l'IEE.

Il ne reste plus qu'à comparer avec le Traité instituant une Constitution pour l'Europe, et à se demander avec un regard doucement compatissant pourquoi le chemin fut si tortueux.